Glossaire Théosophique (A)

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1 - Signification des mots ⸻ 2 - Commentaires sur le glossaire


1 - Signification des mots

Abhijna (Abhijñâ)

Abhijñâ : (Sanskrit ; Bouddhisme) - De la racine abhijñâ : reconnaître, percevoir. Mot désignant les pouvoirs paranormaux (cf. : siddhi) acquis par la pratique du quadruple dhyâna.
Absoluité Énoncé à propos du PRINCIPE UNIVERSEL, ce mot dénote une abstraction, ce qui est plus correct et plus logique que d'appliquer l'adjectif « absolu » à ce qui ne peut avoir ni attributs ni limitations.
Adam Kadmon (hébreux) - « L'Homme-archétype », l'humanité. L' '' Homme céleste " (non tombé dans le péché). Les kabbalistes le rattachent aux dix sephiroth sur le plan de la perception humaine ». Dans la Kabbale, Adam Kadmon est le Logos manifesté, correspondant à notre troisième Logos, l'être non manifesté étant le premier homme idéal, paradigmatique, et symbolisant l'univers in abscondito [= dans l'abstrait], ou dans sa « privation » [En grec, (stérêsis). Voir Aristote, Rhétorique 3, 6,7, Métaphysique 6,22 ; 7,7, etc. Cf. Isis Unveiled I, 310], au sens aristotélicien du terme. Le premier Logos est la « lumière du Monde » [voir st Jean], le second et le troisième étant ses ombres dont l'obscurité s'approfondit graduellement.
Adepte (Théosophie) - En latin alchimique, Adeptus : qui a atteint, ou obtenu le Grand Œuvre. En Occultisme, désigne celui qui est parvenu au stade de l'Initiation, un Maître dans la science de la philosophie ésotérique (Theosophical Glossary).
Adibuddha (ou Âdibuddha) (Sanskrit ; Bouddhisme ; Théosophie) - « Bouddha primordial », ou suprême. Ce n'est pas un être mais un Principe de Sagesse (Bodhi), éternel et inconditionné, dont la Présence s'exprime dans la chaîne spirituelle qui va des Dhyânibuddha aux Maîtres spirituels incarnés. « La Lumière Éternelle » (Theosophical Glossary). Voir Vajradhara. Cf. Secrte Doctrine, I, 571.
Aether (ou Æther) Æther : (grec) - Chez les Anciens : la divine substance luminifère, répandue dans l'univers entier, le « vêtement » de la Déité suprême, Zeus ou Jupiter. Avec les modernes : l'éther. Voir un dictionnaire, comme celui de Webster, pour la signification du terme, en physique et en chimie. En ésotérisme, l'Æther est le troisième principe du Kosmos septuple, la matière (la terre) en étant le plus bas, et l'Âkâsha le plus élevé. 
 Agathon  (grec) - La Déité suprême de Platon, littéralement « le Bien » (en soi). Notre Âlaya, ou l'âme du Monde
 Age d'or (Âge d'or) Âge d'or : Les Anciens divisaient le cycle de vie en Âges d'or, d'argent, de bronze et de fer. L'Âge d'or était caractérisé par une vie de pureté et de simplicité primitives, et de bonheur général.
 Agnostique Terme créé [en 1869] par le prof. [Thomas] Huxley pour désigner celui qui ne croit en rien qui ne puisse être démontré par les sens.
Ahamkara (Ahamkâra) (Sanskrit ; Hindouisme) - Le sens du « je », la conscience réfléchie, ou le sens de l'identité ; [par ailleurs] le moi ou le principe mâyâvique est dans l'homme la base de l'égoïsme dû à notre ignorance, qui sépare notre « Je » du Soi Un et Universel. La personnalité, ainsi que l'égoïsme. 
Ain Soph (hébreux) - La Déité « sans borne », ou « sans limite » , qui émane et s'étend. Le mot se transcrit également En Soph et Ain Suph, vu que personne — pas même les rabbins — n'est tout à fait sûr des voyelles. Dans la métaphysique religieuse des anciens philosophes hébreux, le principe un était une abstraction comme Parabrahm, bien que les kabbalistes modernes aient réussi, à force de sophismes et de paradoxes, à en faire un Dieu suprême et rien de plus haut. Mais pour les premiers kabbalistes chaldéens, Ain Soph était sans forme ni être et sans ressemblance avec quoi que ce soit (voir l'ouvrage de Franck, Die Kabbala, p.126). Que Ain Soph n'ait jamais été considéré comme le Créateur est prouvé de façon concluante par le fait qu'un Juif orthodoxe comme Philon a appelé « créateur » le Logos, qui vient immédiatement après l' « Un sans-limite » et qui est « le SECOND Dieu ». Dans son traité Quaestiones et Solutiones, Philon déclare : « le Second Dieu est dans sa sagesse (celle d'Ain Soph) ». La Déité n'est AUCUNE CHOSE [ou encore, est NON-CHOSE, en anglais : NO-THING, à distinguer de nothing = rien] ; elle est sans nom, et pour cela est appelée Ain Soph, le mot Ain signifiant une négation. (Voir, de Franck, Kabbala, p. 153).
Ainsi ai-je entendu Bouddhisme. . Formule employée par Ânanda, l'un des grands disciples du Bouddha, en consignant l'enseignement du Maître ; elle figure en tête des sûtra du Canon bouddhique.
Ajnana (Ajñâna) (Sanskrit ; Hindouisme) - Non-connaissance, absence de sagesse due aux multiples illusions entretenues sur l'univers des apparences, et à la non-perception du monde de l'Esprit.
Akasha (Âkâsa) (Sanskrit ; Hindouisme ; Théosophie). Mot signifiant à la fois l'espace tout pénétrant et l'essence subtile (le cinquième élément) qui remplit l'univers entier (cf. Bhagavad-Gîtâ XIII, 32). L'éther, auquel on l'identifie souvent, n'en est que la manifestation inférieure. Son attribut est le son (Sanskrit : shabda) qui renvoie à la notion de Verbe, ou Logos, ou encore de divine résonance, qui pénètre et soutient en permanence la vie du cosmos entier. Sous l'angle de l'énergie, ou de la vibration, spirituelle, l'âkâsha intervient comme agent indispensable dans toute opération magique ou expérience mystique. En un sens, ce pouvoir universel s'exprime comme kundalinî, « l'électricité occulte, l'alkahest des alchimistes, ou le solvant universel » (Theosophical Glossary). L'hindouisme emploie aussi âkâsha pour désigner l'espace secret du cœur. 
Akshara (Sanskrit ; Hindouisme) - Impérissable, inaltérable. Nom donné au Soi (ou Purusha) suprême, non manifesté et immuable, perçu comme « Seigneur » (Îshvara) de l'univers, qui demeure dans le cœur de toute créature (cf. Bhagavad Gîtâ XV, 17-18 et Mundaka Upanishad II, l, l, 2). Atteindre cet Akshara c'est réaliser l'omniscience (Gîtâ XV, 19). Ce mot désigne aussi la syllabe mystique AUM.
Alaya (Âlaya) (Sanskrit ; Bouddhisme, Théosophie) - Littéralement : réceptacle, ou asile. H.P.B. l'emploie au sens d'Âme Universelle, Âme du Monde ou Sur-Âme. Étemelle et inchangeable dans son essence ultime, cette « Grande Âme » devient « la base de chaque chose visible et invisible » et « se reflète dans chaque objet de l'univers, " comme la lune dans une eau claire et tranquille " » (cf. Secret.Doctrine. I, 47 et seq.). Âlaya considéré comme « Mère du Monde », ou « Mère universelle » est à rapprocher d'âkâsha dans son sens mystique. Également, comme base ou racine de toute chose, Âlaya correspond à la substance primordiale (mûlaprakriti) du cosmos (Theosophical Glossary). Pour tout homme, Âlaya représente le pôle spirituel de sa vie intérieure, le Maître par excellence, qui constitue finalement, de façon effective, « le Soi d'un Adepte avancé » (Secret Doctrine. I, 49).
Alchimie

En arabe, Ul-Khemi : comme le nom le suggère, c'est la chimie de la Nature. Cependant, Ul-Khemi ou Al-Kimia est en fait un mot arabisé venant du grec  [chèméia] ou [chuméia], de [chumos], suc extrait d'une plante. L'Alchimie opère avec les forces subtiles de la Nature et les diverses conditions de la matière où on les trouve à l'œuvre. En cherchant, sous le voile du langage plus ou moins artificiel, à transmettre au non-initié autant du Mysterium Magnum qu'il est prudent de le faire sans risques dans les mains d'un monde égoïste, l'Alchimiste postule, comme son premier principe, l'existence d'un certain Solvant Universel, par l'effet duquel tous les corps composés se résolvent dans la substance homogène d'où les éléments sont venus à l'existence. Cette substance, il l'appelle or pur, ou summum materiae. Quant au solvant (également dénommé menstruum universale), il possède le pouvoir d'extraire du corps humain tous les germes de maladie, de renouveler la jeunesse et de prolonger la vie. Telle est la pierre philosophale (lapis philosophorum). L'Alchimie a été introduite en Europe d'abord par Geber [Jâbir ibn Hâyyan], le grand sage et philosophe arabe, au 8ème siècle de notre ère ; mais, depuis de longs âges, elle avait été connue et pratiquée en Chine et en Égypte. De nombreux papyrus traitant d'Alchimie, et d'autres témoignages prouvant qu'elle était le sujet d'étude favori des rois et des prêtres, ont été exhumés et préservés, sous l'appellation générique de « traités hermétiques » (voir la Table d'émeraude). L'étude de l'Alchimie comprend trois aspects distincts, susceptibles de maintes interprétations différentes : il s'agit des aspects cosmique, humain et terrestre.

Ces trois voies d'approche ont été caractérisées en les rapportant aux trois propriétés alchimiques rangées sous les termes soufre, mercure et sel. À ce sujet, les auteurs ont des vues différentes sur les voies qu'ils dénombrent — trois, sept, dix ou douze — mais ils tombent tous d'accord sur un point : en Alchimie, le seul but est la transmutation des métaux vils en or pur. Cependant, sur la nature réelle de cet or, très peu de gens ont une compréhension correcte. Il n'y a pas de doute qu'il se produise dans la Nature un phénomène comme la transmutation du métal grossier en métal plus noble ; cependant, ce n'est là qu'un aspect de l'Alchimie — son côté terrestre ou purement matériel, car nous voyons logiquement le même processus se réaliser dans les entrailles de la terre. Mais, à côté de cette Interprétation, et bien au-delà, il existe dans l'Alchimie une signification symbolique, purement psychique et spirituelle. Pendant que l'Alchimiste-Kabbaliste se préoccupe de réaliser le premier objectif, l'Alchimiste-Occultiste, méprisant l'or de la terre, tourne toute son attention et ses efforts exclusifs vers la transmutation du quaternaire inférieur en la trinité supérieure divine de l'homme, qui donne lieu à une unité lorsque la fusion finale est réalisée. En Alchimie, les plans spirituels, mental, psychique et physique de l'existence humaine sont comparés aux quatre éléments — feu, air, eau et terre — chacun pouvant présenter une constitution triple — fixe, mutable et volatile. Le monde ne sait à peu près rien en ce qui concerne l'origine de cette branche archaïque de philosophie, mais il est certain qu'elle précède la construction de tous les zodiaques connus — et probablement aussi toutes les mythologies du monde, si on l'envisage dans ses rapports avec les forces personnifiées de la Nature. Il n'y a pas non plus de doute que les vrais secrets de la transmutation (sur le plan physique) ont été connus jadis et ensuite perdus, avant l'aube de ce qu'on appelle la période historique. La chimie moderne doit à l'Alchimie ses meilleures découvertes fondamentales, mais, sans prendre en considération l'indéniable affirmation alchimique qu'il n'existe qu'un seul élément dans l'univers, la chimie a placé les métaux dans la classe des éléments et elle commence seulement maintenant à découvrir son erreur grossière. Même certains encyclopédistes se trouvent forcés de confesser que, si la plupart des récits de transmutation relèvent de la fraude ou de l'illusion, il y en a pourtant certains qui s'accompagnent de témoignages qui les rendent probables. Avec la batterie galvanique, on a découvert que même les alcalis ont une base métallique. La possibilité d'obtenir un métal à partir d'autres substances qui renferment les ingrédients qui le composent, de changer un métal en un autre (...) doit donc demeurer comme une question ouverte. Il n'y a pas lieu non plus de considérer tous les alchimistes comme des imposteurs. Beaucoup ont eu la conviction de pouvoir atteindre leur but, avec une infatigable patience et une inaltérable pureté de cœur — ce qui est à bon droit recommandé par les alchimistes comme la principale condition requise pour le succès de leurs travaux » (Popular Encylopaedia).
 Altruisme  (du latin alter, autre). Une disposition opposée à l'égoïsme, manifestée dans des actions tendant à faire du bien à autrui, sans considération pour soi.
 Ame (Âme) Âme : (Théosophie) - Les multiples significations de ce mot (qu'il ne faut pas confondre) renvoient aux diverses manifestations (plus ou moins altérées dans l'homme) du grand pouvoir de Conscience et de Vie qui anime le cosmos - l'Âme du Monde ou Âlaya. Dans l'être incamé, on peut distinguer l'âme animale (produit des pulsions et instincts animaux) et l'âme humaine (expression conjuguée du désir - kâma - et du mental cérébral - manas inférieur) essentiellement dominée par le sens du Moi (ahamkâra). Mais la Voix du Silence s'adresse à la partie noble et généreuse de cette âme humaine, ouverte aux influences intérieures de l'Esprit, et appelée à prendre en main sa destinée divine ; cet aspect de l'âme est symbolisé dans la Bhagavad-Gîtâ par le héros Arjuna. Pour Âme-diamant, voir Vajrasattva.
 Ame du monde (Âme du monde) Âme du monde : (Théosophie). En latin : Anima Mundi. C'est l'Âlaya des bouddhistes du Nord. Il est dit que chaque âme humaine est née « en se détachant de l'Anima Mundi », ce qui ésotériquement signifie que notre Ego supérieur est fondamentalement d'une nature identique à cette essence divine qui, dans sa transcendance, apparaît comme une radiation de l'Absolu à jamais inconnaissable (Theosophical Glossary). Cf. Secret Doctrine ; II, 571, où l'aspect le plus élevé de l'Anima Mundi est identifié au second Logos, ou Vajrasattva.
Ame-fil (Âme-fil) Âme-fil Même sens que sutrâtma.
Ame protéenne (äme protéenne) Âme protéenne : Terme désignant le mâyâvirûpa, ou corps de pensée, la forme astrale supérieure qui peut prendre toutes les formes au gré de la volonté de la pensée de l'adepte. Voir plus loin au mot « plastique », également à l'article « Âme plastique » dans le Glossaire Théosophique.
Amitabha (Amitâbha) Amitâbha : (Sanskrit ; Bouddhisme) - Littéralement : lumière infinie. Epithète souvent associée à Amitâyus (« infinie longévité » = « Âge sans borne ») pour qualifier un Bouddha très populaire dans le bouddhisme du Nord qui règne sur un paradis de légende appelé en Sanskrit Sukhâvatî (= l'Heureuse) et en tibétain Devachan. Le très miséricordieux Bouddha Amitâbha, objet d'une grande vénération populaire, est une anthropomorphisation de « la conception originelle de l'idéal d'une divine lumière impersonnelle » (Theosophical Glossary), et le paradis d'Amitâbha n'est pas un lieu mais une sphère d'expérience de conscience. Cf. Secrte Doctrine, I, 108, où Amitâbha est le Dhyânibuddha manifesté dans le Bouddha Gautama, son « Dieu » intérieur.
Ammonios Saccas Un grand et bon philosophe qui vécut à Alexandrie entre le 2ème et le 3ème siècles de notre ère et fonda l'École néoplatonicienne des Philalèthes, ou « amants de la vérité ». De naissance peu fortunée, né de parents chrétiens, il fut doué d'une bonté si remarquable, presque divine, qu'il fut surnommé théodidaktos, « instruit par Dieu ». Il honora ce qu'il y avait de bon dans le christianisme mais rompit de bonne heure avec cette religion et les Églises, étant incapable d'y trouver une supériorité quelconque sur les religions antiques.
Amrita (Sanskrit ; Hindouisme) - Non-mort, immortalité. Également, l'élixir de vie qui confère l'immortalité.
Anagamin (Anâgâmin) Anâgâmin : (Sanskrit ; Bouddhisme) - « Celui qui ne reviendra plus » dans le monde des sens et du désir - le troisième stade du Quadruple Sentier conduisant à la libération de tous les liens.
Anahata shabda (Anâhata shabda) Anâhata shabda : (Sanskrit ; Hindouisme) - « Un son (shabda) non frappé, non produit par percussion. » Cette expérience intérieure de perception sonore est souvent signalée dans les traités mystiques (voir Jnâneshvarî VI, 274) mais elle doit être transcendée. Ce terme (ainsi que l'expression voisine anahâta nâda) désigne aussi le son AUM. L'épithète anâhata qualifie en outre le chakra (ou foyer occulte) du cœur qui est activé par kundalinî dans la méditation du disciple.
Analogistes ou « Analogisticiens » [Néologisme (traduisant l'anglais analogeticists, du grec analogètikoï) proposé ici par analogie avec le mot usité logisticien (= spécialiste de la logique mathématique), pour rendre le sens de « versé dans la pratique de l'analogie ».] Selon Alexander Wilder [Les termes d'« analogistes », « éclectiques », « philalèthes », indiqués par Diogène Laërce (dans la préface de ses Vies) comme désignant divers philosophes, ont été interprétés par A. Wilder comme caractérisant les néo-platoniciens alors que ces derniers sont totalement absents de la liste des personnages décrits par Diogène Laërce.] les disciples d'Ammonios Saccas, ainsi appelés en raison de leur pratique d'interprétation de tous les mythes, légendes et mystères sacrés, fondée sur un principe d'analogie et de correspondance, comme c'est la règle aussi dans le système de la Kabbale et, par excellence, dans les Écoles de philosophie ésotérique de l'Orient. (Voir l'article de T. Subba Row, « Les douze signes du zodiaque » publié dans [l'ouvrage collectif] Five Years of Theosophy).
Ananda (Ânanda) Ânanda : (Sanskrit). Béatitude, joie, félicité, bonheur. [Également,] le nom d'un disciple favori de Gautama, le Seigneur Bouddha.
Anaxagore [~500/~428 av. J.-C.]. Fameux philosophe ionien qui étudia la philosophie avec Anaximène de Milet et s'établit à Athènes, à l'époque de Périclès. Socrate, Euripide, Archélaos et d'autres hommes et philosophes distingués furent parmi ses disciples et élèves. Astronome très savant, il fut l'un des premiers à expliquer ouvertement ce qu'avait enseigné Pythagore en secret : le mouvement des planètes, les éclipses solaires et lunaires, etc. C'est lui qui exposa la théorie du chaos, sur le principe que rien ne vient de rien (ex nihilo nihil fit), et des atomes comme constituant l'essence et la substance sous-jacentes dans tous les corps, étant de la même nature que les corps qu'ils ont formés. Ces atomes, affirma-t-il, furent, à l'origine, mis en mouvement par le noûs (l'intelligence universelle, le Mahat des hindous), lequel noûs est une entité spirituelle, éternelle, immatérielle ; par cette combinaison, le monde fut formé : les corps matériels grossiers s'enfoncèrent, tandis que les atomes éthérés (ou l'éther igné), s'élevaient et se répandaient dans les régions célestes supérieures. Devançant la science moderne de plus de 2.000 ans, il enseigna que les étoiles étaient de la même matière que notre terre et que le soleil était une masse incandescente ; pour sa part, la lune était un corps obscur inhabitable, recevant sa lumière du soleil ; et, dépassant même cette science, il se déclara pleinement convaincu que l'existence réelle des choses perçues par nos sens ne pouvait être prouvée par une démonstration. Il mourut en exil à Lampsaque, à l'âge de 72 ans.

Anima Mundi

Ame du Mundi 

Ame du Monde (Âme de monde)
Ame du Mundi : (latin) - « L'Âme du Monde » identique à l'Âlaya des bouddhistes du Nord ; l'essence divine omniprésente, qui pénètre, anime et inspire toute chose, du plus petit atome de matière à l'homme et au dieu. Sous un certain angle, c'est la « Mère aux sept peaux » évoquée dans les stances de Dzyan de la Doctrine Secrète, l'essence des sept plans de sensation, de conscience et de différenciation, dans un sens aussi bien moral que physique. Dans son aspect le plus élevé, c'est le niveau du nirvâna, dans le plus bas, la lumière astrale. Féminine pour les gnostiques, les premiers chrétiens et les Nazaréens, elle était bisexuée pour d'autres sectes qui n'envisageaient que ses quatre plans inférieurs, d'une nature ignée et éthérée dans le monde objectif des formes, alors qu'elle est divine et spirituelle dans ses trois plans supérieurs. Quand il est dit que toute âme humaine est née en se détachant de l'Anima Mundi, il faut comprendre, ésotériquement, que notre Ego supérieur est d'une essence identique à Cela [en anglais : It, pronom neutre], et que Mahat est une radiation issue de l'ABSOLU Universel, à jamais inconnu.
 Anoia  (grec)- Déraison, folie : c'est le mot appliqué par Platon, et d'autres, au Manas inférieur lorsqu'il est allié trop étroitement à Kâma, ce qui se caractérise par l'incapacité de reconnaître les choses (agnoia). Le terme grec agnoia dérive évidemment du Sanskrit ajñâna (phonétiquement, agnyâna), ou ignorance, irrationalité, et absence de connaissance.

Antahkarana (Antaskarana)

(skt) H, T. En hindouisme : « l'organe interne », siège de la psyché humaine avec les facultés mentales, (manas*, buddhi*) et ahamkâra*. Pour la Théosophie, c'est en quelque sorte le pont établi pendant la durée de la vie entre l'Ego divin et la personnalité incarnée. Il sert de moyen de communication entre le Manas* supérieur et l'inférieur (actif dans l'homme terrestre) en permettant l'expression dans l'âme humaine de la voix de l'intuition, et l'enregistrement dans la sphère de l'Ego permanent des impressions et pensées de nature noble et universelle, susceptibles d'être assimilées par l'entité immortelle (T.G.). En élevant sa conscience vers le pôle divin, le disciple tend à supprimer la distance qui l'en sépare (en « détruisant » ainsi, symboliquement, le pont d'antahkarana par l'effet de cette communion). Ceci ne doit pas être confondu avec la rupture dramatique de ce lien vital entre la personnalité et son Ego profond, qui survient chez l'homme entièrement dépravé.
 Anthropomorphisme (du grec anthrôpos, homme) - Tendance à donner à Dieu, ou aux dieux, une forme humaine et des attributs ou qualités propres à l'homme.
 Anugita (Anugîtâ) Anugîtâ : (Sanskrit) - L'une des Upanishad. C'est un traité très occulte. Voir la traduction publiée dans la série « The Sacred Books of the East » (= Les livres sacrés de l'Orient) chez Clarendon Press.
 Apollon du Belvédère  De toutes les statues antiques d'Apollon (fils de Jupiter et de Latone, appelé Phoebus, Hélios, le radieux, et le Soleil), la meilleure et la plus parfaite est celle qui a reçu ce nom parce qu'elle est exposée dans la galerie du Belvédère au Vatican, à Rome. Le dieu est dénommé Apollon pythien, du fait qu'il est représenté au moment de sa victoire sur le serpent Python. La statue a été trouvée dans les ruines d'Antium en 1503.
 Apollonius de Tyane  

Merveilleux philosophe né en Cappadoce vers le début du premier siècle de notre ère ; un ardent pythagoricien qui étudia les sciences phéniciennes avec Euthydème, et la philosophie de Pythagore, ainsi que d'autres sujets, avec Euxène d'Héraclée. Selon les principes de l'École pythagoricienne, il resta végétarien toute sa vie, en ne mangeant que des fruits et des herbes, et sans boire de vin. Il portait des vêtements faits uniquement de fibres végétales, marchait nus pieds et portait les cheveux longs sans les couper, comme tous les Initiés l'on fait avant lui, et le font encore. Il fut initié par les prêtres d'Esculape (Asclépios, en grec) à Æges, et apprit à faire nombre des « miracles » opérés par le dieu de la médecine pour guérir les malades. Après s'être préparé pour une initiation supérieure par un silence de cinq ans, il entreprit un voyage, au cours duquel il visita Antioche, Éphèse et la Pamphylie, ainsi que d'autres régions, pour gagner l'Inde seul, en passant par Babylone, tous ses disciples l'ayant alors abandonné, par crainte d'aller au « pays des enchantements ». Cependant, Damis, un disciple rencontré fortuitement sur sa route, l'accompagna dans ses déplacements. À Babylone, il fut initié par les Chaldéens et les Mages, si on en croit Damis, dont le récit fut recopié par un certain Philostrate cent ans plus tard. Après son retour de l'Inde, il se révéla un véritable Initié en ce que les événements qu'il a prophétisés — épidémie, tremblements de terre, décès de rois, etc. — se sont produits effectivement. [Glos. Clef de la Th.]

À Lesbos, les prêtres d'Orphée, devenant jaloux de lui, refusèrent de l'initier à leurs mystères particuliers, mais ils le firent quelques années plus tard. Au peuple d'Athènes et d'autres États, il prêcha l'éthique la plus pure et la plus noble ; quant aux phénomènes qu'il produisit, ils étaient aussi merveilleux que nombreux, et bien authentifiés. « Comment se fait-il » , se demande Justin le Martyr avec consternation, « que les talismans (télesmata) d'Apollonius aient un pouvoir puisque, comme nous le voyons, ils arrêtent la fureur des vagues, et la violence des vents, comme les attaques des bêtes sauvages ; et que, tandis que les miracles de notre Seigneur ne sont préservés que par la tradition, ceux d'Apollonius sont fort nombreux, et se manifestent en réalité dans des faits du présent ? (Quaest. XXIV). Il est pourtant facile de trouver une réponse à cette question si on se souvient qu'après avoir traversé l'Hindû-Kûsh Apollonius avait été dirigé par un roi vers le séjour des Sages — qui n'a peut-être pas changé jusqu'à ce jour — et que là ces Sages lui avaient enseigné leur connaissance insurpassée. Ses dialogues avec le Corinthien Ménippe nous donnent, à vrai dire, le catéchisme ésotérique, et (si on les comprend bien) dévoilent plus d'un mystère important de la Nature. Apollonius fut l'ami, le correspondant et l'hôte de rois et de reines, et il n'y a pas de pouvoirs merveilleux, ou « magiques » qui soient mieux attestés que les siens. Vers la fin de sa longue vie prodigieuse, il ouvrit à Éphèse une École ésotérique et mourut à l'âge mûr d'un centenaire.
 Arahatta (pâli ; Bouddhisme) - L'état ou la condition d'arahant. Arahattamagga est le  « sentier d'arahatta » qui mène à cette réalisation.
 Aranyaka (Âranyaka) Âranyaka : (Sanskrit ; Hindouisme) - Du mot aranya : lieu distant, désert, forêt (où se retirent les ermites). Âryanaka désigne : a) un ermite des forêts et b) une classe d'écrits philosophiques et religieux (cf. Brihadâranyaka Upanishad).
 Arbre de Bodhi (Bouddhisme) - Voir Bodhi et Bodhgâya.
 Archange (grec) - Ange suprême, le plus élevé. Terme formé de deux mots grecs archi- (chef) et angelos (messager).

 Ardhamatra 

(Ardhamâtrâ)

Ardhamâtrâ : (Sanskrit ; Hindouisme) - La moitié (ardha) d'une mesure de prosodie (mâtrâ), en particulier d'une courte syllabe. Dans un article (The Theosophist., nov. 1889, p. 121), l'ardhamâtrâ est identifiée au « son qui est la fin de la prononciation de la syllabe AUM ».
 Arhat (Sanskrit ; Bouddhisme)Pâli : arahant, cingalais : rahat, chinois : lohan. Littéralement : « méritant » (à ne pas confondre avec ârya, « noble »). En bouddhisme hînayâna : celui qui a atteint le quatrième stade du Quadruple Sentier ; libéré des chaînes du désir, il a gagné le niveau du nirvâna. Nom souvent donné aux grands dignitaires du bouddhisme. L'arhat (du hînayâna) est parfois opposé au bodhisattva (du mahâyâna) qui renonce au fruit du nirvâna, mais H.P.B. ne fait pas cette différence. Elle en parle parfois comme d'un « initié aux mystères ésotériques » (Theosophical Glossary). Quoi qu'il en soit, l'arhat possède la maîtrise de grands pouvoirs paranormaux. L'Arhat est celui qui est entré dans le dernier sentier, le plus élevé, et s'est ainsi affranchi de la renaissance.
 Arien Partisan d'Arius (prêtre de l'Église chrétienne à Alexandrie, au 4ème siècle [~ 280/— 336]) qui tenait le Christ pour un être humain, créé, inférieur à Dieu le Père, mais néanmoins un homme grand et noble, un véritable adepte versé dans tous les mystères divins. 
 Aristobule Auteur alexandrin et philosophe obscur [du 2ème siècle av. J.-C., précurseur de Philon]. Juif, il essaya de démontrer qu'Aristote avait expliqué les pensées ésotériques de Moïse.
Ârya (Sanskrit) - Littéralement « saint » [noble], le mot a été appliqué à ceux qui avaient maîtrisé les âryasatyâni [les quatre nobles vérités du bouddhisme] et étaient entrés sur l'âryamârga [le noble sentier] conduisant au nirvâna, ou moksha — le grand « quadruple » sentier. À l'origine, ils furent connus comme des Rishi. Mais le mot [anglicisé en Aryan = Aryen] est maintenant devenu l'épithète d'une race ; et nos orientalistes, privant les brâhmanes hindous de leur droit de naissance, ont fait de tous les Européens des Aryens. Étant donné que, dans l'ésotérisme, les quatre sentiers, ou stades, ne peuvent être atteints et parcourus que par un grand développement spirituel et une « croissance en sainteté », on leur donne l'appellation [collective] d'ârya-mârga. Les degrés accédant à l'état d'Arhat (désignés respectivement par Srotâpatti, Sakridâgâmin, Anâgâmin et Arhat — auxquels correspondent les quatre classes d'Arya) - renvoient aux quatre sentiers et aux quatre vérités.
Aryasamgha (Sanskrit ; Bouddhisme) - Pâli : ariyasangha. Mot désignant a) la communion des « Nobles », l'ensemble des membres du samgha, et b) le fondateur de l'École yogâchâra. Dans le Theos. Glossary, H.P. Blavatsky en fait « un Arhat, disciple direct de Gautama le Bouddha », donc très antérieur au christianisme. Ses écrits n'ont jamais été rendus publics ou, du moins, ce qui en fut répandu plus tard a été plus ou moins altéré par des mélanges de shivaisme et de tantrisme. Il ne faudrait donc pas confondre « cet Adepte pré-chrétien, fondateur d'une école ésotérique » de pur bouddhisme (cf. Secrte Doctrine, I, 49 note) avec un autre personnage du même nom (voir les Orientalistes contemporains de H.P.B.) qui aurait vécu bien plus tard. De nos jours, le principal fondateur reconnu de l'École yogâchâra est Asanga, frère d'un autre maître bouddhiste Vasubandhu (IVème siècle ap. J.-C.).
Asat (Sanskrit ; Hindouisme) - Non-être, non-existence, désignant a) ce qui n'est pas sat (l'être par essence, l'« être-té ») , donc : apparence, illusion, erreur (le fondement du monde contingent, matériel) et b) dans le mot composé sat-asat, l'incompréhensible néant qui est aussi l'essence de l'être (renvoyant à l'Absolu), les deux termes constituant « l'alpha et l'oméga de l'ésotérisme oriental » (Secret doctrine, II, 449). Le mot asat peut aussi évoquer mûlaprakriti, la substance indifférenciée (Secret Doctrine, II, 597).
Ascete (Ascète) Ascète : Du verbe grec askein : assouplir par l'exercice, comme le font les athlètes de leur corps. Personne entièrement engagée dans la pratique de la discipline spirituelle.
Aspect La forme (rûpa) sous laquelle tel ou tel principe de l'homme ou de la Nature septuple se manifeste est appelé en Théosophie un aspect de ce principe.
Astral (Astrale) Astral, ou astrale (Théosophie) - De la nature éthérée, auto-lumineuse des étoiles. La substance astrale correspond à un degré de différenciation et de densification de la substance primordiale (mûlaprakriti) qui précède le niveau de la matière grossière, ou physique. Le monde astral est le plan invisible le plus proche du nôtre, où s'élaborent toutes les formes des êtres vivants. Le corps astral ou double astral est la contrepartie éthérée du corps de l'homme (et de toutes les créatures) : c'est la base de la cohésion et du dynamisme vital de l'organisme physique. Mais c'est aussi dans ces coulisses astrales de la nature - l'intermédiaire obligé entre le physique et le spirituel - que se déploient toutes les énergies et images de la vie psychique de l'homme (comme de la planète). Il faut se garder ici de confondre le double astral, vitaliseur du corps, et l'âme astrale (ou le soi astral, ou encore le soi personnel) qui renvoie à la personnalité psychique de l'homme, considérée comme une entité astrale vivante, pleine des pensées terrestres nourries des passions et désirs (Sanskrit : kâma). La sphère astrale (qui s'étage sur plusieurs plans) est le monde lunaire par excellence qui transmet quelque chose de la lumière solaire de l'Esprit mais réfléchit aussi les effluves terrestres. L'essence énergétique qui pénètre cette sphère est la lumière astrale, dont la partie supérieure (liée à l'âkâsha) est quasi divine mais dont les couches les plus basses, polluées par des émanations psychiques de la terre, sont dangereuses, et même démoniaques. Éliphas Lévi l'a appelée le grand serpent astral. D'où la mise en garde faite à l'aspirant, qui n'y pénétrerait pas impunément. La lumière astrale est aussi le siège de la grande mémoire vivante de la Nature.
Astrologie Science qui définit l'action des corps célestes sur les affaires du monde et prétend prédire les événements futurs d'après la position des étoiles. Son antiquité est telle qu'elle la place parmi les tout premiers témoignages déchiffrables du savoir humain. Pendant de longs âges, elle est demeurée science secrète en Orient et elle le reste encore dans son expression finale actuelle, seule son application exotérique ayant été amenée jusqu'à un certain degré de perfection en Occident, pendant le laps de temps écoulé depuis que [l'astronome indien] Varâha Mihira a écrit son livre sur l'astrologie, il y a quelque 1400 ans. C'est en l'an 135 de notre ère que Claude Ptolémée, le fameux géographe et mathématicien, fondateur du système astronomique connu sous son nom, écrivit son Tétrabiblos, qui est encore la base de l'astrologie moderne. De nos jours, la science de l'horoscope est étudiée principalement selon quatre perspectives différentes : (1) mondiale, dans ses applications à la météorologie, la sismologie, l'agronomie, (2) nationale ou civique, pour la prévision du destin des nations, des rois et chefs d'états, (3) horaire, pour résoudre des problèmes préoccupant le mental à propos d'un sujet quelconque et (4) généthliaque, pour suivre le destin des individus, de la naissance jusqu'à la mort. Les Égyptiens et les Chaldéens furent parmi les plus anciens adeptes de l'astrologie, mais il y a des différences considérables entre leur façon de lire les astres et les méthodes modernes. Ces prédécesseurs affirmaient que Belus — le dieu Bel, ou Élu, des Chaldéens — un rejeton de la dynastie divine, celle des rois divins, avait appartenu au pays de Chèmi [l'Égypte] et l'avait quitté pour fonder une colonie sur les rives de l'Euphrate, où fut construit un temple, servi par des prêtres au service du seigneur des étoiles. Quant à l'origine de la science, si on sait que, pour sa part, Thèbes [en Égypte] a revendiqué l'honneur d'avoir inventé l'astrologie, tout le monde est d'accord pour reconnaître que ce furent les Chaldéens qui enseignèrent cette science aux autres nations. Il faut dire que Thèbes a précédé de beaucoup non seulement l' « Ur des Chaldéens » mais aussi Nipur, où fut fondé le culte de Bel — Sin, son fils (la lune) étant la divinité qui présidait à Ur, la terre où devaient naître Térah, le sabéen et astrolâtre, et son fils Abram, le grand astrologue de la tradition biblique. Ainsi, tout tend à corroborer la prétention égyptienne. Si, plus tard, le nom d'astrologue est tombé en discrédit à Rome et ailleurs, ce fut en raison des fraudes de ceux qui cherchèrent à tirer de l'argent de ce qui était une partie intégrante de la Science sacrée des Mystères et qui, dans leur ignorance de celle-ci, construisirent un système entièrement basé sur les mathématiques, et non sur une métaphysique transcendante où les corps célestes physiques servent à ses fins d'upâdhi ou de base matérielle. Cependant, en dépit de toutes les persécutions, le nombre de ceux qui ont adhéré à l'astrologie, parmi les esprits les plus intellectuels et scientifiques, a toujours été très grand. Si Cardan et Kepler furent du nombre de ses ardents partisans, ceux qui à leur suite s'y adonnent n'ont pas à en rougir, même dans l'état imparfait et déformé où elle est maintenant. Comme il a été dit dans Isis Dévoilée [éd. anglaise, I, 259] : « L'astrologie est à l'astronomie exacte ce que la psychologie est à la physiologie exacte. En astrologie et en psychologie, on doit dépasser le monde visible de la matière pour entrer dans le domaine de l'esprit transcendant ».
Asura (Sanskrit ; Hindouisme) - « Non-dieu » (tib : lhamayin) : démon ennemi des dieux.
Atma (Âtma, Âtman) Âtma, ou âtman : (Sanskrit ; Hindouisme ; Théosophie) - L'Esprit Universel, la monade divine, le « septième principe », ainsi appelé dans la classification septuple, exotérique, de l'homme. L'Âme Suprême. [Glos. Clef de la Th.]. Le mot évoque l'idée de soi (dans les différents sens possibles) mais surtout le Soi Suprême, essentiellement un avec Brahman, l'Absolu impersonnel. Dans l'homme, c'est le pôle divin, et permanent, par excellence - le Soi supérieur, qui en réalité rayonne sa lumière sur tous les êtres. Le sens d'un soi (âtman), ou d'une identité foncière, peut aussi s'attacher à la personne terrestre, mais c'est une illusion pernicieuse pour le bouddhisme exotérique, qui proclame l'inexistence d'un tel soi (doctrine de l'anâtman). La Bhag. Gîtâ (VI, 5) enseigne pour sa part d'élever le soi (inférieur) par le Soi (supérieur), par l'ascèse du yoga et la méditation. Pour la Théosophie, l'Ego supérieur constitue le foyer individualisé de la conscience universelle, qui est baigné de la lumière d'Âtman. [Glos. Voix du Silence]
Atmajnanin (Âtmajñânin) Âtmajñânin : (Sanskrit ; Hindouisme) - Celui qui se connaît lui-même. Dans le Védânta : celui qui a la connaissance de l'Âtman, divin et universel.
Attavada (Attâvâda) Attâvâda : (pâli ; Bouddhisme) - Doctrine qui tient à l'existence d'un moi personnel permanent.
Aum Sanskrit ; Hindouisme ; Bouddhisme) - La syllabe sacrée par excellence, formée de 3 lettres, rappelant toute trinité fondue dans l'unité (voir la Mândûkya Upanishad et les articles de W.Q. Judge publiés dans le Cahier Théosophique n° 94).
Aura (grec et latin [au sens de souffle, exhalaison]). Essence ou fluide invisible, subtil, qui émane des corps humains, animaux ou autres. C'est un effluve psychique participant à la fois du mental et du corps : il existe, en effet, une aura électro-vitale et, en même temps, une aura électro-mentale ; on l'appelle en Théosophie l'aura âkashique, ou magnétique. Aura est aussi le nom d'une sainte dans le martyrologue de l'Église romaine.
Avalokiteshvara (Sanskrit ; Bouddhisme ; Théosophie) - Mot interprété de façons diverses : « Le Seigneur qui regarde d'en haut », « Celui qui entend les sons (ou cris) du monde », etc. La figure la plus populaire du bouddhisme du Nord (le patron du Tibet, sous le nom de Cherenzi). Manifestation vivante de la compassion et de la sagesse spirituelle d'Amitâbha, ce grand Dhyânibodhisattva est représenté porteur d'un lotus bleu, d'où son nom Padmapâni. Pour la Théosophie, tout ce qui en est dit renvoie au Logos dans ses rapports avec le cosmos et l'homme (Theosophical Glossary). Littéralement, Avalokiteshvara est « le Seigneur qui est vu » : dans un sens, « Le SOI divin perçu par le soi (humain) », l'Âtman, ou 7ème Principe immergé dans l'Universel, perçu par l'Âme divine de l'homme (Buddhi, le 6ème principe). À un degré plus élevé, Avalokiteshvara renvoie au 6ème Principe Universel, le Logos perçu par la Buddhi ou l'Âme Universelle, comme la synthèse des 7 Dhyânibuddha (Secret Doctrine, I, 108-10, 470-3). D'une façon générale, c'est l'Esprit un et universel, omniprésent, manifesté dans le temple du macrocosme et du microcosme. H.P.B. identifie aussi Padmapâni à l'Ego ou Manas supérieur dans l'homme (Theosophical Glossary). La formule mystique « 0m mani padme hum » (qui évoque le « Joyau dans le lotus ») vise directement à invoquer cette divine présence du Logos dans le sanctuaire du cœur (Theosophical Glossary).
Avatara (Avatâra) Avatâra : (Sanskrit) - Incarnation divine. La descente d'un dieu, ou d'un être exalté qui, par son progrès, a dépassé la nécessité de renaître dans le corps d'un simple mortel. Krishna fut un Avatâr de Vishnou. On considère le Dalaï Lama comme un Avatâr d'Avalokiteshvara et le Teshu Lama comme celui de Tson-khapa et d'Amitâbha. Il y a deux sortes d'Avatârs : celui qui naît d'une femme, et l'autre qui est sans parents (anupapâdaka).
Avichi (Avîchi) Avîchi : (Sanskrit ; Bouddhisme) - Tibétin : myalba. Littéralement : sans vagues, sans interruption. État infernal. Exotériquement : avîchiniraya (pâli) est l'un des grands enfers décrits en couleurs réalistes dans le Canon pâli.
Avidya (Avidyâ) Avidyâ : (Sanskrit ; Hindouisme ; Bouddhisme) - Ignorance, au sens de nescience, non-reconnaissance de la nature réelle des choses. D'où, dans le Védânta : l'illusion (personnifiée comme Mâyâ) ; en bouddhisme, c'est l'égarement, l'absence de discernement qui est à la base de l'enchaînement causal à la souffrance et au cycle des transmigrations, ou samsâra.
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2 - Commentaires sur le glossaire

Le glossaire est composé du glossaire de l’ouvrage La Clef de la Théosophie et de celui de l’ouvrage La Voix du Silence (éditions Textes Théosophiques, Paris).

Pour chaque entrée, la source du mot est indiquée en abrégé : allemand (all), anglais (ang), chinois (chin), égyptien (ég), grec (grec), hébreu (hébreux), latin (latin), pâli (pâli), persan (persan), Sanskrit (Sanskrit). Des informations complémentaires, données par le traducteur dans des notes, ou en cours d'article, sont présentées entre crochets. Dans le texte, un astérisque placé à la fin d'un mot renvoie à un article particulier consacré à ce mot.

Pour les termes bouddhiques, le lecteur pourra également se reporter au glossaire inséré dans l'édition de la Voix du Silence, publiée en 1991 par Textes Théosophiques [voir "publications disponibles" sur www.theosophie.fr ].).

À noter enfin que quelques articles supplémentaires (présentés entre crochets) ont été proposés par le traducteur pour expliquer certains termes que Mme Blavatsky n'avait pas pris en compte, ou apporter des précisions utiles au lecteur moderne.

Ouvrages cités et abréviations employées :

l) Sources théosophiques :

H.P. Blavatsky, Theosophical Glossary (Theosophical Glossary) ; The Secret Doctrine (SECRET DOCTRINE).
Revue The Theosophist The Theosophist.

2) Livres d'orientalistes contemporains de H.P. Blavatsky :

Beal, A Catena of Buddhist Scriptures (Cat), Londres, Trübner, 1871.
Edkins, Chinese Buddhism (C.B.), Londres, Trübner, 1879.
J. Eitel, Hand-book for the Student of Chinese Buddhism (H.C.B.), Londres, Trübner, 1870.
Spence Hardy, Eastem Monachism (E.M.), Londres, Partridge & Okay, 1850; Manual of Buddhism (M.B.), Londres, 880.
W. Rhys Davids, Buddhism (B.), Londres, Soc. for Promoting Christian Knowledge, 1878.
Schlagintweit, Buddhism in Tibet, Londres, 1863, trad. Le Bouddhisme au Tibet (B.T.), Paris, Annales du musée Guimet, 1881.

Documents consultés (dictionnaires, lexiques et études sur le bouddhisme) :

A Sanskrit-English Dictionary, sir Monier Monier-Williams (1899), nouvelle édition: Oxford University Press, 951.
Pâli-English Dictionary, T.W. Rhys Davids & W. Stede, Londres, The Pali Text Society, rééd. 1986.
Vocabulaire pâli-français des termes bouddhiques, Paris, Adyar, 1961.
A Tibetan-English Dictionary, Sarat Chandra Das, Delhi, Motilal Banarsidass, rééd. 1983.
Dictionnaire français de la langue chinoise, Institut Ricci, Paris, rééd. 1986.
The Encyclopedia of Eastern Philosophy & Religion, Boston, Shambhala, 1989.
A Survey of Buddhism, Bhikshu Sangharakshita, Bangalore. The Indian Inst. of WorId Culture, 1957.

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