La vision de Scipion

(Article publié pour la première fois dans la revue Lucifer, de Juillet 1889. Traduction française parue dans la revue Théosophie, Paris, Volume V, n°3 de novembre 1929. Les notes associées à cet article sont d' H.P. Blavatsky)

Une version du « Somnium Scipionis » de Ciceron

Pour ceux qui cherchent les perles éparpillées qui ornèrent autrefois la poitrine sacrée de la vierge pure des mystères, avant qu’elle ne fût souillée et que sa robe et ses joyaux ne fussent piétinés dans la fange, ce court fragment de Cicéron, connu généralement sous le nom de Vision de Scipion, est peut-être le récit le plus intéressant parmi les écrits volumineux du grand orateur romain.

Il importe fort peu dans le cas qui nous occupe de savoir d’où Tullius (1) a tiré son information : s’il s’agit d’écrits des écoles extérieures à la philosophie Pythagoricienne et Platonicienne, ou de sources privées.

Ces derniers temps, l’Antiquité a fait appel à un tribunal supérieur en vue de se justifier, et comme témoin dans ce procès important, nous accueillons le noble Scipion, et l’invitons à la tribune libre et juste de Lucifer, pour plaider sa cause en paroles si éloquentes, si sages et si claires, que le jury – les bons lecteurs de Lucifer – n’aura besoin d’aucun commentaire supplémentaire (2).

Pour ceux qui aiment les dates et les faits, et les procédés anatomiques de la chronique moderne, avec ses sonorités creuses, disons que la vision se produisit dans les circonstances suivantes :

Au début de la troisième Guerre Punique, 149 avant J.-C., P. Corn. Scipio Æmilianus Africanus Minor (3), le philosophe et homme de lettres distingué, accompagnait l’armée romaine en Afrique ; il y rencontra le vieux Massinissa, prince de Numidie, l’ami de son bisaïeul par adoption, l’Africanus (Major) bien connu. Après avoir passé la journée à discuter les institutions politiques de leurs pays respectifs, tandis que le vieux prince rappelait des souvenirs de l’Africain aîné [Major] pour lequel il avait gardé l’affection la plus vive, Scipion se retira sur sa couche et tomba bientôt en profond sommeil. Pendant qu’il dormait, la vision de son grand-père lui apparut sous la forme qui lui était la plus familière, celle de sa statue plutôt que de sa personne, et après avoir prédit les exploits futurs de son petit-fils adoptif et les incidents de sa mort dans tous les détails, la forme continua ainsi (selon les termes de Scipion qui relate l’histoire) :

« Afin que vous soyez d’autant mieux préparé à protéger votre pays, sachez ceci avec certitude. Tous ceux qui ont protégé, aidé ou agrandi leur pays, ont au ciel une place sûre qui leur est réservée pour jouir de la béatitude durant des âges sans fin. Car pour la Divinité Suprême qui régit tout l’univers, rien n’est sur terre plus agréable que les assemblées et les réunions d’hommes unies par la loi et appelées états. C’est de cette région que viennent les gouverneurs et protecteurs des États, et c’est là qu’ils retournent. »

Là-dessus, quoique très effrayé, je demandai si mon père Paulus et les autres, que nous croyions annihilés, vivaient encore (4).

« Très certainement », répondit Africanus [Major] « car ils se sont libérés des chaînes de leur corps, comme d’une prison. Ce que vous appelez vie est la mort. Mais voyez votre père Paulus qui s’approche. »

Et quand je vis mon père, j’éclatai en larmes. Mais lui, me serrant sur sa poitrine m’embrassait et me défendait de pleurer. Aussitôt que j’eus séché mes larmes et que je pus parler, je lui dis : « Mon père vénéré, puisque ceci est un état de la vie, ainsi que me le dit Africanus, pourquoi dois-je rester sur terre au lieu de vous rejoindre dans cet état (5) ? »

« Cela n’est pas possible », répondit-il, « car à moins que la Divinité dont le temple est formé de tout ce que vous voyez, ne vous libère des liens qui vous attachent à la chair, la voie jusqu’ici ne peut vous être ouverte. Car telle est la loi qui gouverne la naissance des hommes ; il faut qu’ils maintiennent ce globe que vous voyez au milieu de ce temple, et qui s’appelle la terre. Une âme leur a été donnée qui émane de ces feux éternels que vous appelez constellations et étoiles. Celles-ci étant globulaires et rondes, animées par des esprits divins, elles accomplissent leurs cycles et leurs orbites avec une rapidité étonnante. C’est pourquoi vous, Publius, et tous les hommes bons, devraient faire de leur âme, le gardien de leur corps, et ne devraient pas quitter la vie des mortels sans l’ordre de cet Être par qui l’âme vous fût donnée, de peur de paraître manquer à votre devoir envers l’humanité qui vous a été assigné par la Divinité. Pratiquez donc la justice et l’esprit du devoir (6), comme votre grand-père et moi-même, votre père, l’avons fait. Or, le devoir, pour excellent qu’il soit, lorsqu’il est pratiqué envers les parents et la famille, est meilleur encore lorsqu’il est accompli pour son pays (7). Un tel mode de vie est le sentier qui conduit au Ciel et à son assemblée d’hommes qui ont vécu, mais sont maintenant libérés de leurs corps terrestres, et habitent le lieu que vous voyez. »

Et ce lieu était un cercle luisant d’une splendeur éclatante parmi les étoiles (8), que vous, selon les Grecs, appelez la Voie Lactée, et de là, tous les autres objets me paraissaient, tandis que je regardais, excessivement brillants et merveilleux. On y voyait des étoiles ignorées sur terre ; et leur grandeur dépassait tout ce que nous n’avons jamais pu imaginer. La plus petite était l’étoile qui, étant la plus éloignée du Ciel et la plus proche de la terre, brillait d’une lumière empruntée (9). De plus, les globes stellaires dépassaient de beaucoup la terre en grandeur, qui, maintenant, me paraissait si petite que j’éprouvais du chagrin à voir notre empire contracté pour ainsi dire en un point (10).

Et tandis que je continuais à regarder avec un intérêt croissant, Africanus continua :

« Combien de temps votre attention sera-t-elle rivée à la terre ? Ne voyez-vous pas dans quelle enceinte vous êtes entré ? (11)

« Toutes choses sont attachées les unes aux autres par neuf sphères ou globes. Le dernier de ceux-ci est céleste et contient tous les autres, étant cette Divinité suprême qui retient et contient le reste. Dans cette sphère sont fixées les révolutions cycliques éternelles des étoiles (12), et les sept sphères lui sont soumises et rétrogradent avec un mouvement opposé à celui de la sphère céleste (13). Parmi ces étoiles, celle qui est appelée sur terre Saturne possède une sphère. Puis vient cette splendeur qui émane de Jupiter, et qui est bienfaisante et salutaire à la race humaine. Puis une sphère de couleur rouge, terrible pour la terre que vous dites émaner de Mars. Vient ensuite, presque sous la région moyenne, le conducteur, le chef et directeur des autres lumières, le Soleil, le mental du monde et son principe-guide, d’une telle grandeur qu’il illumine et remplit tout de sa lumière. Les deux orbites de Venus et de Mercure suivent le Soleil comme serviteurs. Dans la sphère inférieure, la Lune accomplit sa révolution, éclairée par les rayons du Soleil. En dessous de celle-ci, plus rien n’existe qui ne soit pas sujet à la mort et à la déchéance, à l’exception des âmes données à la race des hommes par le don des dieux, au-dessus de la lune cependant, toute chose est éternelle. Car la Terre, qui est la sphère moyenne et neuvième, ne se meut pas et est la plus basse, et tous les corps pondérables sont attirés vers elle par leur pesanteur naturelles (14). »

Et quand je sortis de cette contemplation étonné de toutes ces choses, « qu’est-ce », demandai-je, « que l’harmonie puissante qui remplit mes oreille ? »

Il me répondit : « Cette mélodie formée d’intervalles irréguliers, quoique harmonieusement proportionnés, est produite par l’impulsion et le mouvement des sphères elles-mêmes qui, fusionnant les notes élevées aux notes graves, composent des symphonies uniformément diverses. Des mouvements aussi puissants ne peuvent s’accomplir dans le silence, et la nature s’arrange pour que les extrêmes donnent à un bout une note grave, et à l’autre extrémité, une noté élevée. Par conséquent, l’orbite la plus haute du ciel étoilé que j’ai mentionnée, dont la révolution est la plus rapide, se meut avec un son aigu et fort, tandis que cette sphère de la Lune qui est la plus basse, produit un son très grave. Tandis que la Terre, la neuvième, restant toujours immobile, se tient à l’endroit le plus bas, voisin de la place médiane de l’univers (15).

 « Ces huit orbites (16) dont deux ont un pouvoir égal, Mercure et Venus, créent une gamme de sept intervalles distincts ; un nombre qui est le principe (17) unissant presque toutes choses. Et les hommes instruits imitant ce mystère à l’aide de cordes et d’harmonies vocales, ont gagné pour eux-mêmes le droit de revenir dans cet endroit, comme d’autres qui, doués de pouvoirs naturels extraordinaires, ont étudié les sciences divines même au cours de la vie terrestre (18).

« Or, les mortels sont devenus sourds à ces sons, à force de les avoir entendus ; de sorte que l’ouïe est le plus émoussé des sens, comme les gens qui habitent près des cataractes du Nil ont le sens de l’ouïe très défectueux. Ainsi, ce son généré par la révolution extrêmement rapide de tout le Cosmos (19) est si puissant que les oreilles mortelles ne peuvent le percevoir, pas plus que vous ne pouvez regarder le soleil en face sans que votre vision et vos sens soient éblouis par ses rayons. »

Bien que je fusse frappé d’étonnement en voyant ces choses, je tenais toujours les yeux tournés vers la terre. Alors, Africanus me dit : « Je vois, Scipion, que vous fixez encore le siège et la demeure des mortels. Mais si elle vous paraît si petite comme elle l’est en vérité, il vaudrait mieux garder vos yeux toujours fixés sur ces visions célestes et les détourner de la terre. Car quelle renommée exprimée par la bouche des hommes, quelle gloire digne d’effort pouvez-vous atteindre ? Vous voyez que la population de la terre est confinée dans quelques endroits dispersés et restreints, et que de grandes étendues inhabitées entourent les points habités ; que les habitants de la terre sont séparés les uns des autres, que les relations mutuelles sont impossibles et que certains hommes se tiennent à côté de vous, certains en arrière, certains exactement en opposition avec vous (20), hommes dont vous ne pouvez attendre aucune gloire. Vous voyez, de plus, que la terre est aussi entourée pour ainsi dire de ceintures : dont deux séparées par une très grande distance et situées aux deux extrémités sous les pôles mêmes du ciel (21), sont couvertes d’une enveloppe rigide de glace ; mais la zone moyenne, qui est aussi la plus large, est brulée par la chaleur du soleil. Deux d’entre elles sont habitables : la zone méridionale dont les habitants ont les pieds tournés vers vous (22), n’a aucun rapport avec votre race. Quant à la zone septentrionale (tempérée) que vous habitez, voyez quelle petite portion vous en possédez. Toute la surface habitée par vous, qui s’étend un peu au nord et au sud, mais beaucoup plus à l’est et à l’ouest, n’est qu’une bande (23) insignifiante entourée par la mer que vous appelez sur terre : Atlantique, la Grande Mer ou l’Océan. Et pourtant, vous voyez comme il est petit en dépit de son grand nom. Comment alors est-il possible que votre nom ou celui d’un de vos compatriotes dépasse ces pays familiers et bien connus, et traverse le Caucase que vous voyez, ou franchisse le Gange qui s’étend là-bas ? Qui, dans le reste du monde, à l’orient ou l’occident, ou dans les régions sud ou nord extrêmes, entendra parler de votre nom ? Et si vous faites abstraction de ces régions, vous verrez aisément dans quelles limites étroites votre gloire cherche à se répandre.

« Pendant combien de temps les gens qui parlent de vous, le feront-ils encore ? Car même si les générations futures désiraient transmettre successivement les louanges de l’un d’entre nous, qu’ils auraient à leur tour reçues peut-être de leur ancêtres, les cataclysmes dus à l’eau et au feu (24)qui doivent se produire à périodes fixes, nous empêcheraient d’atteindre à une renommée durable, combien moins à une gloire éternelle. Car à quoi cela vous sert-il que les hommes qui doivent naître parlent de vous, alors que ceux qui naquirent avant vous, plus nombreux certes et meilleurs sans aucun doute, restent silencieux ; alors que pas un de ceux qui pourraient transmettre notre renommée n’est capable de conserver les souvenir d’une seule année. Or les hommes évaluent habituellement l’année à l’aide du soleil, c'est-à-dire par la révolution d’une étoile : mais c’est uniquement lorsque toutes les autres constellations (25)ont repris leurs positions originales, et ont ramené le même aspect du ciel après de longs intervalles, qu’on peut parler d’une révolution réelle du soleil. Et dans un tel cycle, je n’ose dire combien de siècles mortels sont inclus. Car ainsi qu’il en fut autrefois, lorsque l’âme de Romulus descendit dans nos demeures, et que les hommes virent le soleil d’obscurcir et s’éteindre ; quand le soleil s’obscurcira à nouveau dans une position identique, et quand tous les signes et les astres seront ramenés à leur états originel, vous pourrez dire que le cycle est achevé. Mais sachez que pas même la vingtième partie de cette année ne s’est écoulée (26)

« Ainsi donc, si vous avez l’espoir de revenir en cet endroit, où des hommes célèbres et excellents jouissent de toutes choses, de quelle valeur, je vous le demande, est cette gloire humaine qui s’étend à peine sur une minime division d’un cycle ? Et si vous voulez regarder en haut et fixer votre vision sur cet état et votre demeure éternelle, vous ne consacrerez pas votre vie à une gloire vulgaire, ni ne centrerez pas l’espoir de votre bonheur et des récompenses humaines. La valeur réelle des choses devrait vous conduire par suite de son attraction, vers les réalisations vraies. Laissez autrui dire de vous ce qu’il veut, car il parlera. Mais une telle gloire est limitée par les bornes étroites des régions que vous voyez. Jamais l’homme n’a joui d’une renommée durable, car la mort la détruit et l’oubli de la postérité l’anéantit (27). »

« Et si vraiment, ô Africanus », dis-je « il existe un sentier de traverse  (28) vers la grande route du ciel, ouvert aux hommes qui ont bien mérité de leur patrie – quoique depuis ma jeunesse j’ai marché sur les traces de vous-même et de mon père, je n’ai jamais été parjure envers votre renommée honorable – cependant, avec une telle perspective devant moi, je m’efforcerai d’être plus vigilant que jamais. »

« Persévérez », dit-il, « avec l’assurance que ce n’est pas vous qui êtes sujet à la mort, mais votre corps. Car ce qui est réellement vous-même n’est pas l’être que votre forme corporelle montre. Mais l’homme réel est le principe pensant  (29) de chacun, et non la forme qui peut être touchée du doigt. Sois donc convaincu que tu es un Dieu ; dans la mesure où la divinité est ce qui est doué de volonté, de sensation, de mémoire, de prévision, ce qui règle, régit et meut le corps dont il a la charge, comme la Divinité Suprême le fait pour l’univers. Et comme la déité éternelle guide le Cosmos qui est dans une certaine mesure sujet à la décrépitude (30), de même aussi une âme éternelle anime le corps destructible. Or ce qui est toujours en mouvement est éternel. Tandis que ce qui communique le mouvement à quelque chose d’autre, et qui est mis en mouvement par une cause extérieure, doit nécessairement cesser d’exister lorsque son mouvement est épuisé.

« Par conséquent, ce qui possède le principe du mouvement en lui-même, étant donné qu’il ne peut jamais lui faire défaut, est la seule existence éternelle, et de plus c’est la source et le principe causal du mouvement de tous les autres corps doués de mouvement. Le principe ne peut toutefois avoir de cause antécédente. Car toutes choses jaillissent de ce principe qui ne peut, dans la nature des choses, être généré de quoi que ce soit d’autre ; car s’il en était ainsi, il cesserait d’être la cause principale. Et si celle-ci est sans commencement, elle doit évidemment être sans fin, car si le principe de la causalité était détruit, il ne pourrait renaître de rien, ni donner naissance à quoi que ce soit en dehors de lui-même, car tout doit nécessairement être généré du principe causal. Le principe du mouvement vient donc de ce qui est doué de mouvement inhérent ; et ceci ne peut avoir ni naissance ni mort ; autrement le ciel même s’écroulerait, et toute la nature s’arrêterait fatalement, puisqu’elle ne pourrait plus obtenir cette force qui lui donna l’impulsion originelle. Ainsi donc, puisqu’il est évident que seul ce qui est mû par lui-même est éternel (31), qui pourrait nier que cela est un attribut rationnel des âmes ? Car tout ce qui est mis en mouvement par une impulsion externe est privé du principe de l’âme (32), tandis que tout ce qui est animé (33) est énergisé par un mouvement intérieur et créé de lui-même ; car telle est la nature et tel est le pouvoir propre de l’âme. Et si elle seule a l’attribut du mouvement inhérent, elle n’est certainement pas sujette à la naissance, mais elle est éternelle. Exerce donc l’âme aux aspirations les plus élevées. Maintenant, le plus noble intérêt d’un homme est le bien de son pays ; et si l’âme est utilisée et exercée à la poursuite de tels intérêts, elle prendra plus rapidement son vol vers ces demeures et sa propre maison. Et le moment de cette réalisation sera grandement hâtée si dès à présent, l’âme dépasse les limites, de la prison du corps, et en contemplant les choses qui ne sont pas du corps, elle se retire autant que possible de son tabernacle terrestre.

« Car les âmes de ceux qui se sont adonnés aux plaisirs du corps, et sont devenus les serviteurs de ces plaisirs, et sous l’emprise des passions, dont le régent est le plaisir, ont transgressé les lois des dieux et des hommes ; en quittant le corps, elles errent autour de la terre, et ne reviennent pas à ce havre céleste avant d’avoir été ballotées durant des nombreux âges (34). »

Il disparut, et je m’éveillai de mon sommeil.

Auteur : E. O. (M.S.T.)

Notes :

(1) Prénom latin de Cicéron. Son nom en latin est Marcus Tullius Cicero [N.d.É] Retour texte

(2) Les passages les plus remarquables sont imprimés en italiques. Retour texte

(3) Scipion du mot latin Scipio qui signifie « bâton », ou « bâton triomphal ». Surnom d’une branche illustre de la famille romaine Cornelia au IIe et IIe siècle av. J.C. On distingue en particulier Publius Cornelius Scipio Africanus major (253-183 av. JC), le premier Africain et Scipion Emilien (185/186 – 129, av. JC), en latin Publius Cornelius Scipio Æmillanus Africanus minor [Le Gaffiot et Larousse - N.d.E]. Retour texte

(4) Extinctos, un mot très fort par opposition à viveret qui exprime la continuation de la vie. Retour texte

(5) Hac. Retour texte

(6) Pietas. Retour texte

(7) Le mental romain ne voyait pas de devoir plus élevé que celui-ci. C’était nécessairement le summum bonum d’une race qui, même à sa meilleure époque, fut toujours une race de guerriers et d’hommes d’Etat. Retour texte

(8) Inter flammas, corps flamboyants. Retour texte

(9) Le Ciel (coelum) signifie ici la Lactus Orbis, la Voie Lactée. Retour texte

(10) Les lignes ci-dessus, ainsi que le passage plus extraordinaire encore qui se trouve dans la suite, écrites quelque cinquante ans avant J.C., constituent une telle pierre d’achoppement pour les critiques, qu’on a émis à leur sujet les hypothèses les plus fantastiques avec quelque apparence d’érudition. En voici une d’intéressante parmi d’autres : « Si nous comparons ce chapitre avec le 40e chapitre des Prophéties d’Esaü et avec d’autres fragments de la même prophétie, il nous sera difficile de croire que ce livre inspiré n’était pas en possession des Romains, en partie ou complètement, dès l’époque de Cicéron ». Le passage d’Esaü signalé est le suivant (v.22) : « C’est lui qui est assis sur le cercle de la terre dont les habitants sont comme des sauterelles ». Les autres passages signalés n’ont pas encore été découverts par le traducteur. Verbum Sapienti Satis. Retour texte

(11) Templum signifie un fragment des cieux séparé du reste ; c’était le terme technique correspondant à la « Maison des Cieux » dans l’art des augures. Retour texte

(12) Illi qui volvuntur, stellarum cursus sempiterni, un passage assez obscur ; la traduction « les principes originaux de ces révolutions sans fin, que les planètes accomplissent » n’est pas confirmée par le Latin. Retour texte

(13) Voir Platon, Timée XII. « …et fit l’un des cercles extérieur, l’autre intérieur. Il proclama que le mouvement du cercle extérieur serait la ressemblance, et celui du cercle intérieur la différence. » Retour texte

(14) Si de ces neuf sphères, nous soustrayons la dernière sphère céleste et la Terre, qui est périssable, nous aurons comme dans le système oriental, un septénaire, car les soi-disant premier et septième principes n’en sont pas du tout. Il faut laisser à l’intuition de l’étudiant le soin de décider si l’écho de cette ancienne science, ce rayon fugitif de la lampe des Mystères, doit être appliqué littéralement aux sept corps physiques appelés planètes en astronomie ancienne, ou n’est qu’une suggestion pour ceux qui ont des oreilles pour entendre. « Car le Mercure des Philosophes n’est pas le Mercure ordinaire ». Dans la science occulte, les sept « planètes » physiques de l’astrologie sont simplement des symboles des sept principes de tous les corps matériels. Voir La Doctrine Secrète, Vol. I, 152. Retour texte

(15) Complexa medium mundi locum ; ceci se traduit généralement par « occupant le point central de l’univers » une traduction assez étrange et peu naturelle lui donnant, toutefois, son sens naturel d’ « embrassant », on offre une clef expliquant la signification tonale du terme sphère. Les lecteurs que les harmonies mystiques intéressent, ainsi que la musique des sphères et leurs correspondances occultes, devraient soigneusement étudier les premiers chapitres du Timée de Platon ; ce leur sera toutefois une entreprise quasi impossible s’ils doivent s’appuyer uniquement sur les traductions des savants. Retour texte

(16) La sphère céleste n’est pas comprise étant donné que les tons variés sont produits par la vitesse différente des sphères tournant en sens opposé de la sphère céleste. Retour texte

(17) Nodus. Retour texte

(18) Qui praestantibus ingeniis in vitae humana divina studia coluerunt. Retour texte

(19) Totius mundi, une preuve en plus que la description précédente ne se rapporte pas aux planètes physiques. Retour texte

(20) Led Partin obliquas, partin aversos, partim etiam adversos stare vobis. Un passage assez difficile à expliquer ; le paragraphe suivant prouve toutefois sans aucun doute que les positions se rapportent à une surface sphérique et non à une surface plane. Retour texte

(21) Si Cicéron croyait que la Terre était une surface plane, comment aurait-t-il pu parler des deux pôles ? Retour texte

(22) Quorum australis ille in quo qui insitunt, adversa vobis urgent vestigia nihil ad vestrum genus. Il n’y a certes aucun terme qui pourrait mieux justifier la sagesse des anciens ! Un enfant même pourrait conclure l’argument par un C.Q.F.D. triomphant, et pourtant écoutez ce que dit le commentateur des écoles orthodoxes : « Voici un passage très curieux, et s’il faut en croire les interprètes de notre auteur, il connaissait la forme réelle de la terre, une découverte qu’on attribue généralement à Sir Isaac Newton ( ?!) et qui fut confirmée par des expériences ultérieures ; mais j’avoue que j’ai quelques doutes quant au sens des mots de l’auteur et je me demande s’il ne voulait par parler ici, non de la surface totale de la terre, mais de cette partie que possédaient ou qu’avaient conquise les Romains ». GURTRIE. Requiescat in Pace ! Retour texte

(23) Infula, littéralement un cordon ou ruban employé comme ornement dans les sacrifices. Retour texte

(24) Propter eluriones, exustiones que terrarum. Retour texte

(25) Astra ; le terme astrum ne s’applique jamais aux planètes ; il signifie généralement une constellation ou un signe du zodiaque, et s’emploie au pluriel pour désigner les cieux. La traduction ordinaire est toutefois « planètes », ce qui est indubitablement une corruption du sens radical. Retour texte

(26) Ce cycle astronomique était appelé par les Romains Annus Magnus ou Annus Mundanus ; c’est une période d’environ 25.000 années ordinaires et la clef des mystères des cycles manvatariques, des rondes, des races et des sous races. La méthode de calcul de tels cycles étant une des branches les plus importantes de l’astronomie occulte, était jalousement gardée. Même dans notre Renaissance actuelle ont tient les chiffres cachés. Retour texte

(27) A travers cet exposé remarquable du néant de la gloire, se fait jour le grand précepte « tue toute ambition », répété et souligné cependant avec toute la logique du mental romain pratique, de sorte que ce précepte peut être mis à l’épreuve de la Raison, et peut triompher du sceptique grâce aux faits physiques. Retour texte

(28) Une suggestion indiquant que même le véritable Patriotisme n’est pas le Sentier, quoiqu’il tende dans cette direction. Retour texte

(29) Mens (Manas). Retour texte

(30) Pralaya Cosmique. Retour texte

(31) C’est pourquoi l’Absolu et le Principe divin inconnu est appelé « le Mouvement Absolu » dans La Doctrine Secrète – un « Mouvement » qui n’a certainement rien à voir avec ce qui est appelé mouvement sur Terre, et ne peut être expliqué par celui-ci. Retour texte

(32) Inanimum. Retour texte

(33) Animal. Retour texte

(34) C'est-à-dire qu’elles sont réincarnées. Retour texte


 

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