Qu’est-ce que l’homme ?

(Article de B.P. Wadia, paru dans la revue américaine Theosophy, Vol. 13, N°3, janvier 1925)

L’Ancien adage occulte, ‘‘Homme, connais-toi toi-même’’ est connu de tous ; mais peu nombreux  sont ceux qui ont saisi la signification réelle de l’Oracle de Delphes. Pour avoir observé l’arbre généalogique familial, nous pensons connaitre notre pedigree terrestre ; la science quant à elle pense connaître le pedigree physique de l’homme et de l’humanité, pour avoir remonté sa forme à partir du protoplasme, et son développement à partir de l’animal sauvage. Les liens d’hérédité psychique, intellectuelle, et spirituelle n’ont jamais été remontés par les philosophes modernes ou par les hommes de sciences ; il n’est que tout naturel et pas surprenant du tout qu’en l’absence de cette connaissance, les occidentaux arrivent à la conclusion selon laquelle la forme humaine en entier n’est qu’une erreur.

Á toutes fins pratiques, que ce soient dans le cadre du développement personnel, ou du service altruiste, une telle connaissance est absolument nécessaire. La connexion intime de l’homme avec le corps, l’âme-mental et l’esprit doit être perçue; ce n’est qu’alors que suivra la perception de la relation, plutôt l’identité, qui existe entre lui et le triple univers de l’Esprit, de l’Intelligence et de la Matière. Il existe une union indissoluble entre l’homme et l’univers. Les deux ne sont que les aspects doubles du Principe Substance Unique – l’Absolu dans son aspect non-manifesté et le Mouvement Éternel du Grand Souffle en manifestation.

L’univers est le macrocosme ; l’homme le microcosme ; l’homme, l’Esprit, est le macrocosme ; l’homme, le Penseur, est le microcosme, et ce Penseur à son tour devient le macrocosme vis-à-vis de la forme matérielle à l’intérieur et à travers laquelle il opère ; également l’homme devient le macrocosme pour les trois règnes inférieurs en dessous de lui. (Cf. S.D. II. 169)

La vie est consciente mais elle n’est pas soi-consciente dans chaque forme ; ce n’est que dans l’homme qu’elle accède à l’état, au plan ou dans la condition de la soi-conscience, et qu’elle devient à travers les efforts auto-induit et auto-déterminé  un Etre Soi-Conscient,  gagnant pour ses propres besoins la plus grande de toutes les opportunités, l’accession à la  Soi-Conscience Universelle. L’homme est ainsi devenu divin, l’Atma est devenu Paramatma, le Purusha le Purushottama. Un tel Etre est le ‘‘Vasudeva, qui est tout cela, le Mahatma du septième chapitre de la Bhagavad-Gita qui est difficile de rencontrer’’. Voici le chant de la Voix du Silence à propos de sa naissance :   

Voici que l'étoile argentée transmet en scintillant la nouvelle aux fleurs nocturnes ; le ruisselet chuchote l'histoire aux cailloux ; les vagues sombres de l'océan la mugissent sans fin aux récifs, tandis que les brises chargées de parfums la chantent aux vallons, et que les pins majestueux mystérieusement murmurent : « Un Maître s'est levé, UN MAÎTRE DU JOUR. »

Quel but sublime ! Non de la poussière sidérale à la poussière sidérale ; mais de la poussière sidérale au créateur, au nourricier, et régénérateur du  courant incessant de l’existence conditionnée – telle est la destinée de l’Homme.

La vie est Conscience Universelle, une et indivisible. La conscience de chaque univers est une unité et par conséquent  monadique. Cet aspect de la Vie Une est appelé Esprit. La Matière, le second aspect de la dualité primordiale, est la même Vie perçue de façon multiple. Citons les  phrases du Maître K.H :-

C’est une des doctrines élémentaire et fondamentale de l’occultisme que les deux aspects sont  un, et ne sont distincts que dans leurs manifestations respectives, et uniquement dans les perceptions limitées du monde des sens.

La Doctrine Secrète affirme :

L'Esprit est la première différenciation de [et dans] l'ESPACE ; et la Matière est la première différenciation de l'Esprit. Ce qui n'est ni Esprit, ni Matière, c'est CELA - la CAUSE sans CAUSE de l'Esprit et de la Matière, qui sont la Cause du Kosmos. Et CELA nous l'appelons la VIE UNE ou le Souffle Intra-Cosmique. (Commentaire, I. 258)

L’Esprit et la Matière, quoiqu’une seule et même chose dans leur origine, commencent chacun, une fois ensemble sur le plan de la différentiation, leurs progrès évolutifs dans des directions contraires – l’Esprit descendant graduellement dans la matière, et cette dernière s’élevant vers sa condition originelle, celle de la pure substance spirituelle. Les deux sont inséparables, mais toujours séparés. Sur le plan physique, deux pôles de même  polarité se repoussent sans cesse, tandis que le négatif et le positif s’attirent mutuellement, c’est ainsi que l’un sur l’autre l'Esprit et la Matière interagissent ensemble – les deux pôles de la même substance homogène, le principe racine de l’univers. (I. 247)

L’Esprit échoue de connaître la matière, car il ne se connaît pas lui-même. La matière est inerte quoique vivante, car ce qui vit et lui donne  de l’énergie et qui est conscient en elle, n’est pas soi-même conscient. C’est pourquoi dans le Sankhya Darshana – l’un des six points de vue de la philosophie Indienne, l’Esprit-Purusha est représenté avec des yeux mais sans pieds, alors que la Matière-Prakritti possède des pieds pour se mouvoir,  mais reste aveugle ; le premier grimpe sur les épaules du dernier et, ainsi réunis, la marche de l’évolution de la Vie Une devient possible. Mais rien que pour un temps. Car la matière n’a pas d’oreille pour entendre et l’esprit n’a pas le pouvoir de parler. Il arrive un temps, quoique dans une étroite étreinte, où le couple se perd dans les profondeurs de l’espace.  Chacun doit acquérir la connaissance de soi - ses limitations et ses capacités, et apprendre l’art de la co-opération, pour chercher et fouler la Grande Route des Cieux.

La Théosophie nous conduit ainsi vers le troisième élément, ‘‘jusque-là inconnu de la spéculation Occidentale’’ (S.D. I. 16). La Science moderne ne perçoit rien au-delà des formes de matière toujours changeantes, causées par les modes de mouvement et de variété de Force. La Religion moderne, de l’est à l’ouest, croit en ce qui n’existe point – L’Esprit séparé de la Matière, ou Dieu en dehors de la terre, parce qu’elle ne peut comprendre ni expliquer ce qui existe réellement,  l’univers phénoménal. ‘‘Entre la superstition dégradante et celle plus dégradante encore du matérialisme brutal, la Colombe Blanche de la Vérité est mal accueillie et ne possède que rarement, peu d’espace pour reposer ses pieds fatigués.  C’est donc le moment où la Théosophie  – le Maître des Maîtres devrait entrer dans l’arène.

Dans chaque univers, atomique solaire ou sidéral, et dans chaque personnification, que ce soit celle  de l’Homme Céleste ou d’Adam-Kadmon, triple est le processus qui perdure toujours. Le processus universel est  macrocosmiquement et microcosmiquement triple. Dans la métaphysique de l’Inde, Sat-Chit-Ananda est la triade macrocosmique tout comme la microcosmique est représentée par Ichcha, Gnyan et Kriya. Dans la Bhagavad-Gita (septième chapitre) la même idée centrale est mise en évidence – le Seigneur Krishna et ses deux natures – para et apara prakritti, sa constitution octuple inférieure et supérieure qui ‘‘soutiennent l’univers’’. H.P.B. a écrit  dans Isis Dévoilé  (I. 160) que la trinité dans l’unité est une idée que toutes les anciennes nations avaient en partage,  et l’énuméraient de la même façon. Les Trois Propositions Fondamentales de la Doctrine Secrète concernent la trinité archétypale. Du point de vue du mouvement incessant de la Vague de Vie de l’Evolution, La Doctrine Secrète montre  que:   (I. 181)

…il existe, dans la Nature, un triple schéma évolutif pour la formation des trois Upâdhis périodiques – ou plutôt trois schémas enchevêtrés et combinés d'une façon inextricable dans notre système. Ce sont les Evolutions Monadique (ou Spirituelle), Intellectuelle et Physique. Ces trois sont les aspects finis, les réflexions sur le champ de l’Illusion Cosmique d’Atma, le septième, LA RÉALITÉ UNIQUE.

  1. L’Evolution Monadique, comme l’implique le mot, concerne la croissance et le développement en des phases supérieures d’activités des monades en conjonction avec :-
  2. L'Evolution Intellectuelle, représentée par les Mânasa-Dhyânis (les Dévas Solaires, ou Pitris Agnishvâtta), "ceux qui donnent à l'homme l'intelligence et la conscience", et avec :-
  3. L'Evolution Physique, représentée par les Chhâyâs des Pitris Lunaires, autour desquels la Nature a formé le corps physique actuel. Ce corps sert de véhicule à la "croissance" (pour se servir d'un mot trompeur) et aux transformations à travers Manas, et grâce à l'accumulation des expériences du Fini en l'INFINI, du Passager en l'Éternel et l'Absolu.

Chacun de ces trois systèmes a ses lois propres et se trouve réglé et guidé par des groupes différents de très hauts Dhyânis ou Logoï. Chacun de ces systèmes est représenté dans la constitution de l'homme, le Microcosme du grand Macrocosme ; et c'est l'union en lui de ces trois courants qui le fait l'être complexe qu'il est maintenant.

Il s’agit ici d’une amplification de l’enseignement d’Isis Dévoilé qui, après avoir affirmé (I.U. II. 587) qu’il n’y a pas de miracle et que tout ce qui se produit, n’est que le résultat de la Loi, éternelle, immuable, toujours active, procède à assoir les idées basiques de la philosophie : -

La Nature est une unité triple : il y a une nature visible objective; une nature invisible, intérieure et source d'énergie, le modèle exact de la précédente et son principe vital; et, au-dessus de ces deux-là, l'esprit, source de toutes forces, seul éternel et indestructible. Les deux natures inférieures sont en constant changement mais non la troisième.

L'homme est aussi une unité triple : il a son corps objectif physique, son corps vitalisateur astral (ou âme), l'homme réel ; et ces deux sont couronnés par le troisième qui les illumine, le souverain, l'esprit immortel. Lorsque l'homme réel réussit à fusionner avec ce dernier, il devient une entité immortelle. (I.U. II, 588)

La trinité de la nature est la serrure de la magie ; la trinité de l’homme est la clé qui s'y adapte. (II. 635).

Un triple processus  engendre, soutient, régénère l’homme ainsi que l’homme céleste, pareil pour l’atome et la monade. Dans le grand drame de la manifestation, l’on ne devient pas quelqu’un d’autre, et l’on ne change pas une place pour une autre. La Monade Spirituelle à jamais indivisible et ses innombrables rayons appelés monades humaines ; la monade humaine incorruptible et ses nombreuses incarnations dans la matière ; la monade matérielle (appelée la monade minérale) et ses innombrables atomes physiques – la trinité est ainsi, le point de vue à examiner. (Cf. S.D. I, 177-79). Ces trois Monades ne sont pas triples, mais sont trois facettes de la Monade Unique. La monade Spirituelle est l’esprit abstrait ; la monade humaine est l’esprit manifesté; la monade matérielle est l’esprit différencié. Sur  le plan de la matière, la monade spirituelle peut être comparée à l’atome, la monade humaine au noyau, et la monade matérielle à la cellule. Cependant les trois aspects de l’esprit sont tout aussi distincts dans la nature, leur constitution et leur fonction que le sont l’atome, le noyau et la cellule. Cependant Van Helmont, déclare que  ‘‘L’homme est le miroir de l’univers, et sa triple nature est en relation avec toutes choses.’’

Isis Dévoilé cite également Paracelse et dit : (I.U. 212-13)

"Trois esprits animent et font agir l'homme", enseigne Paracelse ; "trois mondes projettent sur lui leurs rayons ; mais tous les trois opèrent uniquement comme l'image et l'écho d'un seul et même principe constructeur et unificateur. Le premier est l'esprit des éléments (corps terrestre, et force vitale dans sa condition grossière) ; le second, l'esprit des astres (corps sidéral ou astral, l'âme) ; le troisième est le divin esprit (Augoeides)".

L'homme est un petit monde, un microcosme à l'intérieur du grand univers. Comme un fœtus, il est suspendu par ses trois esprits, dans la matrice du macrocosme ; et tandis que son corps terrestre est en sympathie constante avec son parent terrestre, sa mère, son âme astrale vit à l'unisson de l’anima mundi sidéral. II est en elle, comme elle est en lui, car l'élément qui pénètre tout remplit tout l’espace, et il est lui-même l’espace infini, et sans bords. Quant à son troisième esprit, le divin, qu'est-il, sinon un rayon infinitésimal, une des innombrables radiations procédant directement de la plus Haute Cause – la Lumière Spirituelle du Monde ? C'est la trinité de la nature organique et inorganique, spirituelle et physique, trois en un, et dont Proclus dit que "La première monade est le Dieu Eternel ; la seconde l'éternité ; et la troisième le paradigme, ou modèle de l'univers", les trois constituant la Triade intelligible. Toute chose en cet univers visible, découle de cette Triade, et elle-même une triade microcosmique. Elles se meuvent donc  dans une procession majestueuse, dans les champs de l'éternité, autour du soleil spirituel, comme, dans le système héliocentrique les corps célestes se meuvent autour des soleils visibles. La Monade de Pythagore qui vit "dans la solitude et les ténèbres", peut demeurer éternellement invisible sur cette terre, impalpable, et indémontrable par la science expérimentale. Toutefois, l'univers tout entier gravitera autour d'elle comme il l'a fait depuis le "commencement des temps", et à chaque seconde, l'homme et l'atome se rapprochent de plus en plus de ce moment solennel dans l'éternité, où la Présence Invisible se révélera à leur vue spirituelle. Lorsque chaque particule de matière, même la plus sublimée, aura été rejetée de la dernière forme qui constitue l'ultime chaînon de cette chaîne de la double évolution qui, à travers des millions de siècles et de transformations successives, a poussé l'entité en avant, et lorsqu'elle se retrouvera vêtue de l'essence primordiale, identique à celle de son Créateur, cet atome organique, jadis impalpable, aura terminé sa carrière et les fils de Dieu "crieront de joie" une fois de plus au retour du pèlerin. 

Ayant réfléchit sur cet extrait, l’attention de l’étudiant est invitée à se pencher sur le passage suivant tiré de La Doctrine Secrète (I. 246-47) :

La Monade ou Jiva, comme il est dit dans Isis Dévoilé, fut d'abord projetée par la Loi d'Evolution dans la forme la plus inférieure de la matière – l'état minéral. Enfermée dans la pierre (ou dans ce qui deviendra minéral et pierre dans la Quatrième Ronde), elle en sort, après une septuple giration, comme ce que nous pourrions nommer un lichen. Passant ensuite à travers toutes les formes de la matière végétale dans ce que nous appelons la matière animale, elle atteint le point où elle est devenue le germe, pour ainsi dire, de l'animal, qui deviendra l'homme physique. Tout cela, jusqu'à la Troisième Ronde, est sans forme en tant que matière, et, en tant que conscience, dépourvu de sens. Car la Monade, ou Jîva, per se, ne peut même pas être appelée un Esprit : c'est un Rayon, un Souffle de l'ABSOLU, ou plutôt l'ABSOLU lui-même et l'Homogénéité Absolue, n'ayant pas de relations avec le fini conditionné et relatif, est inconsciente sur notre Plan. Par conséquent, en dehors des matériaux qui seront nécessaires à sa forme humaine future, la Monade demande : a) un modèle spirituel ou prototype, pour donner une forme à ces matériaux, et b) une conscience intelligente pour guider son évolution et son progrès or, c'est ce que ne possèdent ni la Monade homogène, ni la matière dépourvue de sens, quoique vivante.

Les girations de la Monade ou Jiva forment la première des trois lignes d’évolution ; la seconde et la troisième, respectivement, sont connectées à la Conscience Intelligente et le modèle autour duquel se construit lui-même le corps.

L’Homme est composé de trois hommes – l’homme de poussière, de pensée, de lumière ; ‘‘il est corps, âme et esprit’’ (Isis Dévoilé, II. 223) ; il est chhaya, manas-putra et jiva ; il est fait de terre (prithivi) de feu (agni) et d’ether (akasha) ; il est d’une part,  le soi inférieur, divin et éternel (La Voix du Silence), et de l’autre,  mains, tête et cœur du corps.

Notre livre affirme :

Personne ne niera que l'être humain soit en possession de diverses forces, magnétiques, sympathiques, antipathiques, nerveuses, dynamiques, occultes, mécaniques, mentales, en un mot, de toutes sortes de forces et que les forces physiques sont toutes biologiques dans leur essence, puisqu'elles se mêlent et, souvent, se fondent avec les forces que nous avons appelées intellectuelles et morales, les premières étant, pour ainsi dire, les véhicules, les oupâdhis des secondes. Personne, parmi ceux qui ne refusent pas une âme à l'homme, n'hésiterait à dire que leur présence et leur mélange sont l'essence même de notre être ; qu'elles constituent en fait l'Ego dans l'homme. (S.D. I. 469-70)

Il est nécessaire pour l’étudiant de se demander : comment ces trois natures basiques différentes arrivent-elles à être ce qu’elles sont ? De quelle progéniture sont-elles? Quelle  destinée les attend ainsi que leur parent macrocosmique ? Pendant que nous cherchons les réponses, nous sommes forcés de rechercher si l’homme est le point central du schéma entier de l’évolution ; d’autre part, dans la Nature qui est gouvernée par la Loi, quelle expression spécifique en l’occurrence devrait être premièrement maîtrisée afin de comprendre le processus en entier ? A la première question, il y a une réponse qui est donnée – l’évolution finale de toute chose de nature terrestre vers l’homme est un fait ; à propos de la seconde, la montée et la descente de la Nature due à Karma se produit par cycles. La considération de ces problèmes est maintenant un fait, et comme préparation à des fins de méditations nous pouvons offrir l’extrait suivant (S.D. I, 261) : 

La Doctrine Occulte est, à notre avis, plus logique. Elle enseigne l'existence dans la Nature d'une Loi cyclique invariable, attendu que la nature n'a aucun "but spécial" personnel, mais agit en se conformant à un plan uniforme qui persiste durant tout le cours de la période Manvantarique et concerne le ver de terre, comme il concerne l'homme. Ni l'un ni l'autre n'a cherché à naître, aussi sont-ils soumis tous deux à la même Loi Evolutive. Tous deux sont partis du même Centre Neutre de Vie et tous deux doivent s'y fondre de nouveau à la consommation du Cycle.

B.P. Wadia (Revue Theosophy, Vol. 13, No. 3,  January 1925, pages 113-118. Number 20 of a 25-part series)

 

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