Études dans la Doctrine Secrète XII – L’Altruisme de La Doctrine Secrète

XII – L’Altruisme de La Doctrine Secrète

[Traduction du chapitre “Altruism of The Secret Doctrine, de B.P. Wadia –
Éd. Theosophy Compagny Mumbai, Inde – © Traduction Compagnie Théosophie Paris]

         Dans les études précédentes, nous avons vu comment une approche juste des écrits d’H.P. Blavatsky [H.P.B.] développe la faculté de l’intuition et déploie ainsi cette perception du mental qui nous permet de voir les principes universels qui sont cachés dans une myriade de principes particuliers et en même temps en sont leur base. La Doctrine Secrète enseigne à ses élèves comment se servir correctement de leur cœur et aussi de leur tête.

La purification et l’illumination à la fois du cœur et du mental sont le résultat de l’étude correcte du livre, mais pas avant qu’un troisième facteur n’entre aussi en jeu.

         Dans la toute première étude de ces séries nous avons déjà souligné la façon dont nous devrions accepter le message d’H.P.B. dans son ensemble sans en exclure une partie de ses écrits. De façon similaire, nous ne pouvons recevoir le message de La Doctrine Secrète que grâce à un exercice à 3 niveaux qui activera les énergies de l’homme tout entier.

         Le mental inférieur qui analyse et qui raisonne peut comprendre les centaines de faits et les milliers de détails du livre ; mais c’est le mental supérieur synthétique seul qui peut comprendre les principes universels. Mais même ce mental supérieur ne réussira pas dans cette tâche s’il ne reçoit pas l’aide de la perception de l’intuition, l’énergie du Cœur. Même cette énergie du cœur devra encore être dynamisée par l’action et alors seulement La Doctrine Secrète révèlera son contenu dans toute sa gloire. Notre nature kamique se purifie et se transforme au contact des forces actives de l’intuition. La passion devient l’amour  - cet amour supérieur qui est la dévotion, la vraie bhakti, dépourvue de sentimentalisme. De même que l’amour diffère d’un emballement, de même la dévotion se distingue de la ferveur religieuse. Ce type inférieur de dévotion possède une gamme assez étendue. Les ritualistes religieux, les pujari[1], qui créent et adorent une image, même supérieur au simple adorateur d’idoles, se sont implantés sur ce sentier et fleurissent comme les amants du Soi, qui est eux-mêmes. Se libérant des entraves de Karma, cherchant la Paix, ils vont au sommeil de la paix, pour se réveiller au petit matin et souffrent des perturbations du jour. Le message d’H.P.B nous met en garde contre les tentations sournoises de ce sentier. L’histoire de l’occultisme abonde en exemples d’échecs retentissants sur le Chemin qui mène à l’Esprit résultant du développement de la compréhension supérieure et de l’intuition, qui a perçu les principes universels, mais où le monde de l’humanité est laissé derrière dans cette démarche. Compréhension par le mental supérieur et perception par l’intuition ne suffisent pas à moins qu’ils n’entraînent l’action qui est l’altruisme.

         L’homme quadruple inférieur, le quaternaire, doit devenir une triade, et La Doctrine Secrète, qui est un livre d’occultisme pratique, nous aide à accomplir cette tâche. La triade supérieure doit être transmutée en la Tetractys Sacrée – c’est le but qu’enseigne le message d’H.P.B. La seule énergie de l’altruisme unifie toutes les actions entreprises en termes de compréhension des principes universels et accomplies en termes de perception intuitive du Cœur.

         « Un grand intellect et trop de connaissance sont une arme à double tranchant dans la vie, des instruments servant le mal comme le bien. » (La Doctrine Secrète, II, 163). Dans la Vie - Esprit on peut dire la même chose de la qualité de Cœur de la Dévotion. Le cœur peut sauver le mental et il le sauve, mais à son tour, il doit être sauvé. L’Âme Phénix renaît des cendres de son propre passé mort - l’oiseau de la vie, et au lieu de désirer une vie de passions, dans laquelle elle a lutté et appris, aspire maintenant à une Vie de Paix et de Repos, ou d’Émancipation ou Mukti. Cependant elle reste l’enfant de Kama, elle est toujours le premier-né d’Éros. Cette passion élevée, cette spirituelle Tanha[2], cette mumuksha, ce désir de libération est l’épreuve suprême du Dévot, le Bhakta, qui a vu l’aspect transitoire des formes de la vie construites par le désir mais qui doit maintenant voir la petitesse de la vie des formes construites par le désir du Mukti[3] ou de la Libération. Le désir de vie dans les formes a laissé place au désir d’une vie sans formes ; le rêveur veut maintenant un sommeil sans rêves, dans la Béatitude de l’Introspection, alors que des millions d’êtres souffrent les maux de l’existence.

         La Doctrine Secrète insiste bien sur cette leçon extraordinaire. Les Stances de Dzyan et les préceptes d’or de La Voix du Silence font partie de la même série d’Instructions Occultes et s’ils mettent l’accent sur un enseignement plus qu’un autre, c’est sur les dangers d’une vie de connaissance et de dévotion, de sagesse et de pureté, qui soit en même temps dépourvue d’altruisme actif et positif.

         Nous pouvons affirmer sans hésitation qu’une personne qui n’est pas altruiste de façon active ne comprendra pas complètement les enseignements contenus dans La Doctrine Secrète. Elle restera un livre hermétique malgré la compréhension supérieure et les perceptions intuitives, à moins de les utiliser conjointement sur le plan de l’action. Ce qui différencie un Théosophe d’un étudiant de la Théosophie c’est cet altruisme. Dans La Clef de la Théosophie il est dit « est théosophe, celui qui pratique la Théosophie » - pas celui qui pense, étudie, ressent, mais pratique. Parlant des membres assermentés de son école ésotérique, H.P.B dit « qu’il doit devenir un altruiste parfait » (Clef. p. 15). Ses écrits sont saturés de cet enseignement concernant l’altruisme et il n’est pas nécessaire de continuer à la citer sur ce sujet. « Le seul palliatif aux maux de la vie est l’union et l’harmonie – une Fraternité dans les actes et un altruisme qui ne le soit pas simplement de nom. »[4] (D.S., I. 644). Cependant qu’il soit bien clair que cet altruisme a sa fondation sur le roc de la connaissance des principes universels et sur la dévotion à la Loi dont ils sont les aspects manifestés. S’il y a un danger dans l’étude intellectuelle, si la dévotion inférieure, à laquelle il a été fait référence, implique des risques, la vie de charité et de service projette aussi sur l’âme une fascination particulière. L’altruisme produit par le mental inférieur et nourri par la dévotion inférieure n’est pas le véritable altruisme. Les activités du mental inférieur animent notre nature passionnelle – qui n’est pas toujours, ni nécessairement mauvaise - et nous incitent à des actions qui deviennent très souvent, sous les impacts de la civilisation, philanthropiques et altruistes. Le mental, libéré des assauts de Kama, reçoit l’énergie de la raison-compassion, ou Buddhi, et ainsi uni, est immergé dans l’âme par le Soi du Pouvoir Créateur, qui est le véritable acteur. L’altruisme supérieur se manifeste alors et sa charité n’est plus seulement et uniquement généreuse, c’est un altruisme qui permet à l’homme de se débarrasser de sa béquille de dépendance et de se tenir debout seul avec confiance. A partir de là nous allons voir comment ces trois pouvoirs de l’Esprit doivent œuvrer conjointement, si la Vie - Esprit doit prédominer.

         Pour explorer la Terre Sacrée de La Doctrine Secrète, nous devons porter les armes de l’altruisme, de l’intuition et de la perception des principes universels. Celui en qui ces trois qualités n’existent pas, ne sera vraisemblablement pas attiré par cette aventure, mais s’il devait commencer le livre, il n’en recevra ni l’énergie ni la spiritualité, quand bien même son mental serait charmé et captivé.  Ceux qui possèdent ces facultés dans une certaine mesure et qui désirent les exercer, ou ceux qui désirent sérieusement les développer sont les bienvenus pour participer à cette expédition et nous pouvons leur promettre d’ores et déjà une riche récompense.

         Dans notre premier article nous avons pris note de la méthode d’étude conseillée par H.P.B. dans ses « Notions erronées sur La Doctrine Secrète ». Dans les études qui ont suivi, nous sommes parvenus aux bases requises. Si nous décidons d’acquérir la connaissance des principes universels, qui est la voie sûre pour libérer notre mental des griffes des principes particuliers kamiques, nous sommes sûrs de contacter le plan de l’intuition au bon moment et alors notre Volonté Créatrice agira de façon altruiste. Mais nous ne devons pas attendre que la compassion exprime l’altruisme et seulement réfléchir aux fins cosmiques, déterminés à voir l’un dans le multiple ; en faisant cela, nous devons consacrer du temps et de l’attention à La Voix du Silence, à nous servir de La Clef de la Théosophie, pour aider l’intuition et l’altruisme en cours d’éveil.

         Avec ce bagage, nous sommes prêts à attaquer le livre, et dans notre plan, bien entendu,  la première chose que nous devons essayer de maîtriser ce sont les Trois Propositions Fondamentales établies par La DOCTRINE SECRÈTE et dont traite La Doctrine Secrète. Ce sont des axiomes et il n’est pas nécessaire de les postuler. Ce sont des Vérités évidentes par elles-mêmes - des Vérités évidentes pour le Soi. Le Soi Universel par sa perception, sait, réalise, et même est ces Vérités. Nous, les êtres humains, ne les voyons que partiellement et notre croissance n’est que croissance dans la réalisation de ces trois Vérités. Que l’on comprenne clairement qu’en ce qui les concerne, il n’y a aucun ordre d’importance, de succession ni même de compréhension. Dans la mesure où nous en comprenons une, nous comprendrons les deux autres, dans la même proportion. Les Propositions Fondamentales forment le Triangle original, idéal et archétypal, à trois côtés égaux – Esprit Immortel, Matière Indestructible, Énergie toujours-conservée, à trois angles égaux - Idéation, Forme, Mouvement. On peut aussi les envisager comme le Cercle, la Sphère, le Plein, résultant du Point et constitués de points. Comme espace et comme lieu, grand ou petit, comme durée et comme temps, long ou court ; le Un Non-Manifesté et sa manifestation triple est partout ; la Nature Une Indivisible Trinité, devenant des trinités sans fin. Ainsi Le Devi Bhagavat[5] enseigne : « On peut dénombrer les grains de sable, mais on ne peut compter les univers » ; et dans l’une des Upanishads les moins connues, il est dit :

                  Tout autour de ce Brahmanda (l’Œuf de Brahma, par ex. un système solaire) flamboient à l’infini des millions de Brahmandas, chacun a sa propre coquille (ou enveloppe, chaque soi sa propre sphère) à quatre faces, à cinq faces jusqu’à atteindre des parties de Narayana[6] à mille faces, dans lequel la qualité de Rajas prédomine, chacun déployant un système de mondes, chacun sa déité présidente. Des aspects de Narayana, nommés Vishnu et Maheshvara[7], dans lequel les qualités de Sattva et de Tamas prédominent, sont aussi présents, accomplissant leur œuvre de préservation et de destruction, de conservation et de régénération. Ces Brahmandas flottent comme des bancs de poissons dans l’Océan de l’Existence ; ces Brahmandas enflent et éclatent comme des bulles à la surface des Profondeurs toujours existantes.

         Il est dit ci-dessus que ces propositions sont des axiomes, mais elles ne sont pas évidentes pour tous, pas plus que l’axiome qu’une ligne est une longueur sans largeur n’est une évidence pour les débutants dans l’étude d’Euclide. Comme dans toute autre science ou philosophie, l’étudiant en Théosophie doit apprendre ces Trois Propositions Fondamentales et si ses facultés ne parviennent pas à lui révéler leur caractère axiomatique, il doit alors commencer par les postuler. Ceci ne signifie pas que celui qui postule ne verra jamais la nature axiomatique de ces propositions pas plus que l’élève qui postule que le point a une position mais pas de largeur demeurera aveugle à cet axiome.

         Jetons un coup d’œil rapide sur ces propositions traitées aux pages 14 à 18 du Volume I de manière à pouvoir les relier à ce qui vient d’être dit ci-dessus. « La réalité impersonnelle qui pénètre le Cosmos » (pp. 14 et 15) est le Parent Universel de toutes les personnalités individuelles. Chacun d’entre nous Y a sa racine. Voici une proposition sur laquelle il faut réfléchir jusqu’à ce qu’elle féconde le mental et que ce dernier conçoive la réalité qu’il détient à l’intérieur. Nous alternons entre l’oubli et la mémoire de cette Réalité, qui engendre  « l’Éternité du Pèlerin » qui est « comme un clignement de l’Œil de la Soi-Existence » (pp. 16 et 17), cet œil n’étant pas d’un Être, ni une chose, mais en lui-même une condition, un état ou un plan, qui est la Réalité Impersonnelle. C’est ainsi que naissent notre état de veille et notre sommeil, nos jours et nos nuits, notre vie et notre mort, notre involution et notre évolution, le « retour régulier du flux et du reflux » (p. 17). C’est la deuxième proposition qu’il faut regarder et contempler avec l’œil du cœur qui est l’intuition – le mystère de la diastole et de la systole du cœur spirituel qui dans son extension se souvient et dans sa contraction oublie la Vérité des vérités – son propre état impersonnel toujours-existant. On laisse derrière soi cet oubli, on peut revêtir l’habit de la mémoire lorsque ce cœur «  par des efforts auto-induits et auto-déterminés » (p. 17) peut agir avec altruisme pour le tout dont il n’est qu’une partie. L’Altruisme est la vraie mémoire de la vérité de « L’identité fondamentale de toutes les Âmes avec la Sur-Âme Universelle » (p. 17). C’est la troisième proposition que nous connaîtrons par et grâce à l’action – « du fait de son effort et de son mérite personnels » (p. 17) – par le travail de l’amour, par une corvée rendue divine.

         Percevoir l’interrelation et l’interdépendance de l’homme et de la nature ; établir la correspondance qui existe entre les principes universels et particuliers ; savoir que notre mental est le théâtre où s’expriment les énergies de l’Esprit et les ombres projetées par les mouvements de la Matière ; pratiquer la doctrine de la Fraternité Universelle – tous sont les descriptions d’un seul et même processus, dans différentes langues, de principes métaphysiques ou éthiques. La même vérité, identique, est contenue dans les deux citations suivantes – la première est exprimée de façon métaphysique, la seconde de façon éthique.

                  Celui qui prétend être un occultiste ne doit séparer, ni lui-même ni quoi que ce soit, du reste de la création ou de la non-création. A partir du moment où il se distingue même d’un vase à usage vil[8], il ne pourra pas s’unir à un vase à usage noble11. Il doit penser de lui-même qu’il est un quelque chose d’infinitésimal, même pas un atome individuel, mais comme une partie des atomes du monde dans leur ensemble, ou devenir une illusion, un rien du tout et disparaître comme un souffle sans laisser de trace derrière lui ?. En tant qu’illusions, nous sommes des corps distincts séparés, vivant sous les masques prêtés par Maya[9]. Pouvons-nous prétendre à ce qu’un seul atome de notre corps soit bien à nous ? Tout, de l’esprit à la plus infime particule, est une partie du tout, au mieux un maillon. Brisez un seul maillon et c’est l’annihilation ; mais cela est impossible. (Les Transactions of the Blavatsky Lodge, p. 138.)

                  « Celui qui ne pratique pas l’altruisme ; celui qui n’est pas prêt à partager son dernier morceau de pain avec un être plus faible ou plus pauvre que lui ; celui qui néglige d’aider son frère, de quelque race, nation ou croyance qu’il soit, chaque fois et partout où il rencontre de la souffrance, et qui fait la sourde oreille aux cris de la misère humaine ; celui qui entend une personne innocente calomniée, que ce soit un frère théosophe ou non, et ne prend pas sa défense comme il le ferait pour lui-même — n’est pas un Théosophe[10]. (Lucifer, Vol. I, p. 169)

         Les conseils et instructions si souvent prodigués afin que le désir de servir devienne une habitude pour tous les étudiants de la Sagesse et tous les aspirants à la spiritualité sont enracinés dans ce fait que toute la Nature est une unité. L’aspect actif de l’Esprit se manifeste comme le pouvoir d’union inhérent aux éléments chimiques ou aux cœurs humains. « Les rivières se mêlent à l’océan », « les montagnes baisent le haut Ciel », « du soleil la lumière étreint la terre, les rais de lune baisent la mer » et

Rien dans le monde n’est solitaire
Toutes choses par loi divine
En un esprit se rencontrent, se mêlent.[11]

Les poètes et les mystiques perçoivent cette Fraternité dans la Nature, même vaguement, par exemple Shelley[12] :

Terre, océan, air, fraternité bien-aimée !

Si notre grand Mère a imbu mon âme ?

Avec quelque piété naturelle pour sentir

Votre amour, et récompenser cette faveur avec le mien

Si à aucun oiseau brillant, insecte ou gentille bête

Je n’ai en toute conscience fait de mal, mais si je les
   ai toujours aimés

Et chéris comme des parents, alors, pardonnez-moi

Cette vanterie, frères bien-aimés, et ne me retirez

Rien de votre faveur coutumière ![13]

         Alors que le poète ressent cela de manière mystique, le Sage de la Connaissance occulte en perçoit le fait et l’étudiant de La Doctrine Secrète est amené à l’apprendre. Les Trois Propositions Fondamentales connues comme altruisme, intuition et perception des Principes universels sont présentés dans la Gita de la façon suivante :

      Je te dirai maintenant l’objet de la sagesse dont la connaissance procure à l’homme l’immortalité ; c’est ce qui est sans commencement, c’est en vérité Brahman le Suprême qui ne peut être qualifié d’Être ou de Non-Être. Il a des mains et des pieds dans toutes les directions ; des yeux, des têtes, des bouches et des oreilles dans chaque direction ; il est immanent dans le monde et possède le vaste tout.  Lui-même dépourvu d’organes, il est reflété par tous les sens et toutes les facultés ; non attaché et cependant supportant tout ; sans qualités et cependant le témoin de toutes les qualités. Il est à l’intérieur et à l’extérieur de toutes les créatures animées et inanimées, il est inconcevable à cause de sa subtilité et, quoique proche, toujours lointain.

      De même qu’un seul soleil illumine le monde entier, ainsi l’Esprit Unique illumine chaque corps, ô fils de Bharata.[14]

         Ce qui suit est tiré des Upanishads[15] :

      Lui seul brille. Par sa lumière, tout ceci qui nous entoure fut allumé, et continue de briller. (Katha, V, 15)

      Cette lumière qui resplendit bien au-dessus de cet espace céleste, au-dessus de la création tout entière, au-dessus de tout, et qui se trouve dans les mondes suprême que rien ne peut surpasser en perfection, est certainement cette lumière qui réside à l’intérieur de l’être humain. (Chhandogya, III.xiii.7)

      Ceci est la vérité : de même que d’un feu en plein flamboiement s’envolent des étincelles par milliers, de même essence que le feu, de même, mon ami, de l’Éternel surgissent les diverses créatures, qui en sortent et y retournent. (Mundaka, II.i.1.)

         La Lumière à l’intérieur de l’homme est celle de l’Étincelle du Feu Éternel qui toujours brûle auquel les anciens Iraniens et leurs descendants modernes les Parsis rendent hommage et qu’ils invoquent avec vénération ainsi :

      Puisses-tu illuminer ce foyer ! puisses-tu y brûler toujours ! puisses-tu croître et grandir, même jusqu’à ce Jour lointain où le Rétablissement du Pouvoir aura lieu, jusqu’au temps de la Rénovation, faite de bonté et de force, du Monde. (Atash-Nyaish).[16]

         On peut faire de nombreuses citations mais permettez-nous de vous citer la source de toutes celles « dans le langage mystérieux des anciennes Stances » dans lesquelles les Trois Propositions Fondamentales sont enseignées en termes de principes universels et particuliers, sur lesquelles nous devons réfléchir jusqu’à ce que nous les percevions par l’Intuition et que nous brisions l’illusion de « Ton Âme et Mon Âme » par l’Altruisme. (La Doctrine Secrète, I. 120) :

      Lève la tête, ô Lanou : vois-tu une lumière ou des lumières innombrables au-dessus de toi, brûlant dans le ciel noir de minuit ?

      J’ai la sensation d’une seule Flamme, ô Gurudeva. Je vois des milliers d’étincelles non détachées qui brillent en elle.

      Tu dis vrai. Et maintenant, regarde autour et en dedans de toi-même. Cette lumière qui brûle au-dedans de toi, la sens-tu différente d’une quelconque manière de la lumière qui brille dans tes Frères humains ?

      Elle n’est nullement différente, quoique le prisonnier soit tenu en captivité par Karma, et que ses vêtements extérieurs trompent les ignorants en leur faisant dire : "Ton Âme et Mon Âme.[17].

 

 

 

[1]           De Puja (Sk.) offrande.

[2]           Le désir de vivre, qui cause les réincarnations.

[3]           Le libéré.

[4]           Traduction,  l’Océan de Théosophie, chap. XI, p. 103.

[5]           Le Devi-Bhagavat  fait partie des Puranas, groupes de  textes religieux anciens de la littérature indienne.

[6]           « The Mover on the Waters », Celui qui se meut sur les eaux, titre de Vishnu, dans son aspect d’Esprit Saint.

[7]           Le Dieu Shiva.

[8]           Image empruntée à l’évangile de Timothée 2. 20-21.

[9]           Maya, l’Illusion.

[10]         H. P. Blavatsky, extrait de l'article « Que chacun donne les preuves de son travail » Cahier théosophique n° 90.

[11]         Percy Bysshe Shelley, poème « La philosophie de l’amour ».

[12]         Percy Bysshe Shelley, Poème « Alastor ou l’esprit de la solitude ».

[13]         Œuvres poétiques complètes de Shelley, traduction par F. Rabbe, T. I, 2e éd., Paris, P.-V. Stock, 1907.

[14]         Traduction L.U.T. La Bhagavad-Gita éd. Textes Théosophiques.

[15]         Voir le site http://www.les-108-upanishads.ch/.

[16]          Dans le Zoroastrisme on parle bien de Rénovation  de la Création.

[17]          Traduction Adyar.

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