Dieu existe-il vraiment ?

[Traduction d’un article paru dans la revue The Theosophical Movement  (vol. I, mars 2010, n° 11, section “In the light of Theosophy”)]

Dieu existe-t-il réellement ? Dans son récent ouvrage, Le cas en faveur de Dieu : que signifie réellement la religion,

l’auteur, Karen Armstrong, une ancienne sœur et une prolifique écrivaine de la religion, tente, elle aussi, de comprendre la nature de Dieu et de la religion. Depuis l’époque de l’homme primitif des cavernes jusqu’à la période contemporaine, elle retrace l’évolution des croyances religieuses avec une remarquable érudition et habilité. Elle établit une distinction entre mythos (les mythes) et logos (la raison), et elle montre que lorsque mythos et logos ne sont pas bien compris – comme c’est le cas dans la théorie du « dessein intelligent » -  nous avons « une mauvaise science et une religion inadéquate ». Elle insiste pour mettre l’intuition et l’élément créatif de la religion, avant le rationnel de la science ; tout en faisant remarquer que les extrémistes religieux déforment la véritable tradition qu’ils prétendre défendre.

Elle mentionne l’épisode de 1802, quand Napoléon Bonaparte rendant visite à Pierre Simon de Laplace, le grand scientifique du moment, posait la question suivante, après s’être entretenu des merveilles du cosmos : « Qui est l’auteur de tout ceci ? » Laplace aurait répondu, « Je n’ai pas besoin de cette hypothèse. » Cette remarque, selon Karen Armstrong, marque le début de la pensée moderne, qui considère qu’il n’est pas nécessaire d’admettre un créateur suprême. Quelques décennies plus tard, le philosophe allemand Ludwig Feuerbach, déclarait que Dieu était une construction humaine oppressive. D’un autre côté, elle mentionne de grands scientifiques dont la science est enracinée dans la foi. On dit que l’astronome Johannes Kepler aurait remarqué dans ses explorations mathématiques, qu’il suivait « les pas du Créateur ». Darwin aurait confessé, n’avoir jamais été un athée dans le sens qu’il ne niait pas l’existence de Dieu. Albert Einstein aurait dit : « Il [Dieu] ne jette pas les dés ! » Elle analyse les enseignements et les traditions des religions monothéistes, telle que, le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. Elle remarque qu’aux 18e et 19e siècles, les musulmans développaient la tradition du falsafah (de la philosophie). Ibn Sena (ou Avicenne), le philosophe musulman, parlait de la connaissance intuitive directe de Dieu. Thomas d’Aquin disait, « nous ne pouvons pas savoir là où se trouve Dieu, mais seulement là où il n’est pas. » Voltaire aurait, dit-on, remarqué que si Dieu n’avait pas existé, il aurait fallu l’inventer.

Ronojoy Sen écrivait (1) : « Karen Armstrong ne cherche pas à plaider en faveur de Dieu, mais à dénoncer l’athéisme militant d’un  Richard Dawkins et de ses partisans… Les lecteurs qui cherchent une réponse à l’existence de Dieu, ou pourquoi des choses horribles sont perpétrées au nom de la religion seront probablement déçus par ce livre… Armstrong considère que tout ce que révèle la religion est « un regard étonné porté sur un monde au-delà du langage » ; comme le fait William Wordsworth quand il décrit une « ‘présence’ qui l’agite avec joie ».

L’humanité a toujours été divisé en deux camps : les croyants et les non-croyants. La croyance en l’existence de Dieu  repose essentiellement sur un principe anthropique, alors que la non-croyance se fonde sur l’incapacité à expliquer autant de douleur et de méchanceté.  Comme le philosophe grec Épicure, les athées soutiennent que s’il existe un Dieu omniprésent et bienveillant, comment peut-il y avoir tant de souffrance et de mal ? Pourquoi Dieu, s’Il existe, tolère-t-il les tremblements de terre, les inondations, et les typhons qui causent sur leur passage la mort et la destruction ? Les théistes répliquent avec des arguments basés sur le libre arbitre. A l’exception des athées, chacun possède sa conception de Dieu. L’histoire humaine montre qu’au début, l’homme s’identifiait à la nature, et s’adonnait au culte d’animaux divins. Au fil du temps, l’homme devint conscient d’être la pièce maîtresse de l’évolution, et il dota Dieu d’une forme et d’attributs humains.

Dieu est Loi, et le principe anthropique semble montrer l’existence  d’une intelligence derrière l’harmonie de l’univers. Il y a, à l’évidence, une loi et un ordre dans toutes les branches de la science.

Dieu, selon la Théosophie, est un principe Impersonnel, Éternel, Illimité, Omniprésent et Immuable. Lui assigner quelques attributs, est Le rapetisser. Dans les Upanishads, les sages Le décrive comme étant « neti, neti, » (« ni ceci, ni cela »).

Note (1) : Dans The Times of India [The Crest Edition]. Éd. 26 septembre–2 octobre 2009. Retour texte 

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