La réincarnation chez les Zoulous

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Voici un récit intéressant sur la croyance en la réincarnation chez les Zoulous. Le texte est extrait de l'ouvrage : Le livre de la Réincarnation, de Joseph Head et S.L. Cranston (page 243, éd. Fanvel, Paris). Nous avons pensé utile de comparer ce récit avec l’enseignement de Plutarque sur la mort, pour montrer que la connaissance en la réincarnation est une sagesse universelle.

1 - La réincarnation chez les Zoulous

Voici ce qu’écrit Patrick Bowen qui a vécu pendant de longues années en Afrique :

« Alors que j’avais dix ou douze ans et que je suivais la charrette de mon père à travers les sauvages étendues de la brousse du nord du Transvaal, je me suis lié d’amitié avec de nombreux Isanusi  Hommes sages ») chez les Zoulous. L’un d’eux, Mankanyezi (« l'Étoilé ») me dit un jour : « À l’intérieur du corps, il y a une âme. À l'intérieur de l'âme, il y une étincelle de l’Itongo, l'Esprit Universel. Après la mort, Idhlozi (l'âme) erre pendant un certain temps auprès du corps puis elle part vers l'Esilweni, le Lieu des Bêtes. C'est quelque chose qui est très différent du fait d'entrer dans le corps d’un animal. Dans l'Esilweni, l'âme revêt une forme mi-animale, mi-humaine… Après une période plus ou moins longue, selon la force de sa nature animale, l'âme rejette sa forme animale et part vers un lieu de repos. Elle dort là, jusqu'à ce que vienne le temps où elle rêve que quelque chose qu’elle doit faire et apprendre l'attend sur terre, Alors elle naît à nouveau en tant qu'enfant. L'âme ne cesse de voyager ainsi jusqu’à ce que, finalement, l'homme devienne un vrai Homme et que son âme, lorsque le corps meurt, ne fasse plus qu'un avec l'Itongo, d'où elle été venue »

Quelques années plus tard, Mankanyezi renseigna Bowen sur la société à laquelle il appartenait : « Ses membres sont les gardiens de la Sagesse-qui-vient-d'autrefois ; il y a de nombreux degrés, de l'apprenti au Maître, et des Supérieurs dont on ne peut dire les noms ; dans chaque tribu, chaque nation de la grande terre d'Afrique se trouve au moins un membre de la société dite « de la Fraternité » — en ancien bantou Bonabakulu abase-Khemu, ou Fraternité des Supérieurs de l'Égypte. (« Khem » a donné le nom de « chimie » et fut le nom de l'Égypte antique.) Elle fut fondée par un prêtre d'Isis sous le règne du pharaon Chéops qui répandit la-Sagesse-qui-vient-d'Autrefois parmi toutes les races et tribus d'Afrique ... Les grades de cette Fraternité sont : (1) Apprentis, (2) Disciples, (3) Frères, (4) Aînés, (5) Maîtres, (6) Connaisseurs (Isangoma), (7) Abakulu-bantu, c'est-à-dire Hommes Parfaits, pour lesquels le cycle des renaissances est terminé, qui viennent vivre sur terre sous une forme physique, parce que tel a été leur souhait, et qui peuvent conserver ou abandonner cette forme comme ils le veulent. »

2 - Enseignement de Plutarque

Texte extrait de La Clef de la Théosophie – pages 114-5 – Éd. Textes Théosophiques

« Quant à la mort que nous subissons, une première transition fait passer l'homme de trois éléments à deux, et une seconde de deux éléments à un seul, la première a lieu dans la région terrestre qui est sous la juridiction de Déméter — c'est pourquoi le mot [grec] qui veut dire « mourir »  ressemble au mot qui signifie « être initié à ses mystères ». D'ailleurs, les Athéniens appelaient jadis les morts les sujets de Déméter. Quant à la seconde mort, elle a lieu dans la lune, domaine de Perséphone (1). »

[La doctrine Théosophique] présente l'homme comme une entité septuple durant la vie ; un composé de cinq principes immédiatement après la mort, en kâma loka, et un Ego triple, Âme-Esprit et conscience en devachan. Cette séparation, qui s'accomplit d'abord dans les « Prairies de l'Hadès », comme Plutarque appelle le kâma loka, et ensuite en devachan, faisait partie des cérémonies des Mystères sacrés, pendant lesquels les candidats à l'initiation jouaient le drame entier de la mort, et de la résurrection comme un esprit glorifié. Ainsi l'entend Plutarque quand il dit :

« À la première déesse est associé l'Hermès terrestre, à la seconde l'Hermès céleste. La première dissocie l'âme du corps rapidement et avec violence ; mais Perséphone désunit doucement, et dans un long laps de temps, l'entendement de l'âme. Pour cette raison, elle s'appelle Monogénès, seule engendrée, ou plutôt, celle dont l'enfant est unique car la meilleure partie de l'homme vient à naître seule, lorsque la déesse l'a séparée. Or, chacune de ces deux séparations se produit de façon naturelle comme il suit. Il est décrété par le Destin (fatum ou karma) qu'en quittant le corps chaque âme, pourvue ou non de l'entendement (mental), erre pendant un certain temps, qui n'est cependant pas le même pour toutes, dans la région qui se trouve située entre la terre et la lune (kâma loka). Car les âmes qui ont été injustes et impures subissent alors la punition due à leurs délits. Mais celles qui ont été bonnes et vertueuses sont retenues jusqu'à ce qu'elles soient purifiées, comme purgées par un souffle d'air, de tous les miasmes dont elles se sont chargées par l'effet de la contagion du corps, comme d'une source malsaine, et elles demeurent dans la région la plus douce de l'atmosphère, appelée les Prairies de l'Hadès, pour y rester pendant un temps bien déterminé. Ensuite, comme si elles retournaient dans leur patrie après un pèlerinage ou un long exil, elles goûtent une joie analogue à celle des initiés aux Mystères Sacrés, joie mêlée de confusion et de saisissement et pleine de l'attente du bonheur espéré ».

Perséphone ou Proserpine représente ici le karma post mortem, qui, est-il dit, règle la séparation des « principes » inférieurs et des « principes » supérieurs — en d'autres termes, la séparation de l'âme (nephesh, le souffle de vie animale, qui reste pendant un certain temps en kâma loka) et de l'Ego (composé de trois principes supérieurs), qui entre dans l'état de devachan, ou de béatitude.

3 - Pour plus d’information 

Pour plus d’information sur le sujet vous pouvez consulter sur ce site les rubriques :

La réincarnation et le souvenir des vies passées
La mort et l'expérience posthume de la conscience
La constitution septuple de l’homme


 

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